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Plongeon de l'or noir: les secteurs éprouvés, ceux qui limitent les dégâts

prix du petrole LondresLondres: L'effondrement des prix de l'or noir va faire souffrir les majors pétrolières et les grands pays producteurs mais peut apporter un maigre coup de pouce aux compagnies aériennes ou chimiques, ainsi qu'aux consommateurs en plein choc économique du coronavirus.



Les gros perdants

Les majors pétrolières étaient en première ligne de l'hécatombe sur les marchés lundi. Le plongeon des cours du pétrole ampute directement leur chiffre d'affaires, alors que la demande est déjà en chute libre à cause des menaces que fait peser le coronavirus sur l'économie mondiale.

Shell plongeait de 14% et BP de 20%, d'autant que ce dernier "pour être rentable a besoin d'un baril à au moins 50 dollars" alors qu'il a fondu à 35 dollars pour le Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. et 31 pour le WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie., souligne Michael Hewson, de CMC Markets.

Dans la foulée, les groupes de services pétroliers comme John Wood piquaient du nez en Bourse, les majors risquant d'annuler ou différer une partie de leurs projets d'exploration. Le secteur du pétrole de schiste américain, jusqu'alors florissant, était particulièrement scruté et pourrait aussi voir les sociétés les plus jeunes ne pas survivre à cette crise. BP est d'autant plus mal en point qu'il a acquis les actifs de pétrole de schiste du géant minier BHP.

Le secteur minier est un autre secteur bouleversé par la paralysie de l'économie mondiale, l'épidémie de coronavirus plombant la demande de matières premières, notamment celle de Chine.

Les banques et sociétés d'investissements étaient également bousculées, les économistes s'attendant à plus de baisse de taux d'intérêt de la part des banques centrales, ce qui réduirait la rémunération des prêts et des rendements sur les marchés. Lloyds Bank dévissait ainsi de 8% lundi à la Bourse de Londres et s'est écroulé de près d'un tiers depuis le début de l'année.

Ceux qui limitent les dégâts

Difficile de parler de gagnants lors d'une saignée historique des marchés combinée à une crise mondiale du coronavirus. Les secteurs très gourmands en pétrole comme les transports et le tourisme, en plein orage à cause du virus qui plombe le trafic mondial, peuvent toutefois accueillir avec soulagement la chute des prix du brut. "Au moins ils ne voient pas la demande s'effondrer et leurs coûts s'envoler en même temps", constate Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell interrogé par l'AFP. De même, l'industrie chimique devrait bénéficier de coûts plus bas, la dégringolade des cours du brut entraînant aussi celle des produits dérivés d'hydrocarbures.

Les groupes spécialisés dans les métaux précieux pourraient aussi tirer leur épingle du jeu, car l'or fait office de valeur refuge traditionnelle. Le groupe spécialisé Polymetal était ainsi la valeur de tout l'indice FTSE 100 affichant la plus forte hausse depuis le début de l'année: un maigre 5%...

Portefeuille des consommateurs

Côté consommateurs, la chute des prix pétroliers et dans la foulée de l'essence ou du fioul serait une bonne nouvelle "dans des circonstances normales", remarque Russ Mould. Mais c'est une toute petite consolation au vu des sombres perspectives de croissance mondiale qui devraient se traduire dans nombre de secteurs par des licenciements.

Pays producteurs d'or noir

En déclenchant une guerre des prix de l'or noir, l'Arabie saoudite entend sauvegarder sa part de marché face à Moscou qui a refusé de baisser plus sa production et aux producteurs américains qui pompent à tout-va du pétrole de schiste et ne cessent de gagner du terrain.

En laissant couler les prix, le Royaume wahhabite - qui a besoin d'un cours moins élevé que les autres pour que sa major Aramco soit rentable - espère asphyxier une partie du secteur du schiste américain. "Les Saoudiens pourraient bénéficier de faillites des plus jeunes compagnies pétrolières" américaines, relève M. Mould.

Toutes les actualités du pétrole (c) AFP

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