Menu
A+ A A-

Pétrole: les producteurs dans l'impasse sur fond de guerre commerciale USA-Chine

prix du petrole DubaïDubaï: Les principaux pays producteurs de pétrole vont évoquer jeudi à Abou Dhabi de nouvelles baisses de la production pour soutenir les prix, affectés par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, mais les analystes doutent de l'efficacité d'une telle mesure.
Un groupe dirigé par l'Arabie saoudite, chef de file de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), et la Russie --non membre de cette instance-- cherche à équilibrer le marché pétrolier, moribond malgré les baisses de la production et de l'offre en provenance d'Iran et du Venezuela, sous sanctions américaines.

Le Comité ministériel conjoint de suivi, qui rassemble des pays membres et non membres de l'OPEP (l'OPEP+) et est chargé de contrôler l'application d'un accord convenu fin 2018 pour réduire l'offre, se réunira jeudi aux Emirats arabes unis.

Cette instance ne prend pas de décisions, mais recommande des mesures aux 24 pays de l'OPEP+ qui doivent se réunir à Vienne en décembre.

Les analystes estiment qu'elle a peu de cartes à jouer car une nouvelle baisse de la production aggraveraient les pertes de ces pays.

"L'OPEP a toujours eu recours à des réductions de production pour soutenir les prix", observe M. Raghu, analyste au Kuwait Financial Centre (Markaz). "Cependant, cela s'est fait au prix d'une réduction de la part de l'OPEP sur le marché mondial du brut, qui est passée d'un pic de 35% en 2012 à 30% en juillet 2019."

L'OPEP+ a décidé fin 2018 de réduire sa production alors que la faiblesse de l'économie mondiale et l'abondance de la production américaine d'huile de schiste risquaient d'entraîner un surplus sur les marchés.

Auparavant, ces mesures avaient généralement permis de faire grimper les prix. Mais ces derniers mois, les cours ont baissé, même après la décision en juin de l'OPEP+ de prolonger de neuf mois l'accord sur la réduction de la production.

Le prix du baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. était vendredi de 61,54 dollars, contre plus de 75 à la même période l'an passé et après avoir chuté autour de 50 dollars fin décembre 2018.

Un nouveau facteur est entré en jeu: le différend commercial entre les deux plus grandes économies du monde, dont les sanctions réciproques consistent en hausse des droits de douane.

Lors d'une conférence de presse dimanche à Abou Dhabi, le ministre émirati de l'Energie et de l'Industrie Souheil al-Mazrouei a reconnu l'effet de ces tensions sur le marché du pétrole.

"Mais je ne suggérerais pas de nous lancer dans des coupes (de la production) à chaque fois qu'il y a un problème de tensions commerciales", a-t-il déclaré, ajoutant que l'OPEP+ ferait "le nécessaire" pour rééquilibrer le marché.

Pour l'économiste saoudien Fadhel al-Bouenain, le marché pétrolier est devenu "très sensible à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui va freiner la croissance mondiale et par conséquent la demande de pétrole". Selon lui le contrôle des prix échappe dans ces conditions à l'OPEP et l'organisation ne devrait donc pas avoir recours à de nouvelles baisses de production.

Pour M. Raghu, de telles baisses n'entraîneraient pas de hausse sensible des prix si la guerre commerciale n'est pas réglée.

"Options limitées"

Les discussions de l'OPEP+ interviennent à un moment où l'offre n'est pas excessivement élevée, en raison de la baisse de la production de l'Iran et du Venezuela et du ralentissement de la croissance de la production américaine.

"La croissance de la production américaine de schiste n'a pas le même élan que lors des cycles précédents, et la production de l'OPEP est à un plus bas niveau sur 15 ans", avait commenté Standard Chartered le mois dernier.

Selon la banque d'investissement, "les options de politique pétrolière pour les principaux producteurs sont limitées", car la crise actuelle, contrairement à celles de 2014-2015 et 2018, "n'est pas due à un déséquilibre rapide du marché".

Le cabinet de conseil en énergie Rapidan Energy Group estime que l'OPEP+ pourrait à l'avenir devoir réduire sa production d'un million de barils par jour pour stabiliser le marché.

Mais le problème sera de décider quels sont les pays membres qui assumeront le fardeau, l'Arabie saoudite ayant précédemment assumé le plus gros de la réduction. Pour M. Bouenain, Ryad sera probablement plus réticent cette fois-ci, étant donné l'impact sur ses revenus.

A la veille de la réunion à Abou Dhabi, le roi Salmane d'Arabie saoudite a nommé samedi un de ses fils, le prince Abdulaziz ben Salmane, ministre de l'Energie, alors que le royaume prépare l'introduction en Bourse du géant pétrolier public Aramco à l'horizon 2020-2021 en espérant des conditions de marché plus favorables.

(c) AwP

Commenter Pétrole: les producteurs dans l'impasse sur fond de guerre commerciale USA-Chine


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    lundi 23 septembre 2019 à 12:43

    La production de pétrole de l'Arabie sera rétablie la semain…

    Londres: L'Arabie saoudite a comblé environ aux trois quarts sa perte de production de pétrole liée au bombardement de deux de ses...

    lundi 23 septembre 2019 à 12:24

    Le pétrole recule après un indice PMI décevant pour la zone …

    Londres: Les prix du pétrole baissaient lundi en cours d'échanges européens, lestés par un indice PMI décevant pour le secteur manufacturier en...

    samedi 21 septembre 2019 à 11:46

    Aramco n'a annulé aucun contrat et tournera à plein régime d…

    Ryad: Une semaine après les attaques contre deux installations pétrolières majeures d'Aramco, le directeur général de la compagnie saoudienne a annoncé samedi...

    vendredi 20 septembre 2019 à 22:07

    Le pétrole recule un peu à la fin d'une semaine marquée par …

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont terminé en légère baisse vendredi, reprenant leur souffle à la fin d'une semaine marquée...

    vendredi 20 septembre 2019 à 12:44

    La production reviendra à la normale d'ici à la fin du mois…

    KHOURAIS: La compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco est convaincue que la production du site de Kourhaïs, bombardé le week-end dernier comme celui...

    vendredi 20 septembre 2019 à 11:04

    Le pétrole en légère hausse dans un marché inquiet

    Londres: Les prix du pétrole étaient en légère hausse vendredi en cours d'échanges européens, restant soutenus en raison des inquiétudes concernant l'offre...

    jeudi 19 septembre 2019 à 21:40

    Le pétrole soutenu par les doutes sur le retour à la normale…

    Cours de clôture: Les prix du baril de brut ont terminé en légère hausse jeudi, soutenus par les doutes sur la capacité...

    jeudi 19 septembre 2019 à 13:10

    Le pétrole monte fortement, soutenu par l'évolution de la si…

    Londres: Les prix du pétrole montaient fortement jeudi en cours d'échanges européens, soutenus par l'information selon laquelle l'Arabie saoudite cherchait à acheter...

    jeudi 19 septembre 2019 à 10:46

    Le pétrole monte, soutenu par les tensions au Moyen-Orient

    Londres: Les prix du pétrole montaient jeudi en cours d'échanges européens, soutenus par les risques toujours présents au Moyen-Orient après l'attaque de...

    Toute l'actualité du pétrole et des cours du baril

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Dimanche 15 septembre 2019 Selon le ministre de l'Energie, le prince Abdoulaziz ben Salman, cité samedi par l'agence officielle SPA, 5,7 millions de barils par jour sont concernés par l'interruption partielle, soit près de la moitié de la production saoudienne, ou 5% du commerce quotidien mondial du pétrole.

    En février 2019, le prix du pétrole accélère

    Le mercredi 20 mars 2019 - Analyses des prix du pétrole

    En février 2019, le prix du pétrole en euros augmente plus qu’en janvier (+8,3 % après +4,3 % en janvier). Les prix en euros des matières premières importées (hors énergie) accélèrent également (+4,0 % après +0,9 %) : en effet les prix des matières premières industrielles repartent nettement à la hausse (+8,2 % après −0,1 %). La hausse du prix du pétrole s’accentue En février 2019, le prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord (Brent) en euros accélère (+8,3 % après +4,3 %), à 56,4 € en moyenne par baril. La hausse est moins...

    Lire la suite

    En janvier 2019, le prix du pétrole se redresse

    Le lundi 25 février 2019 - Analyses des prix du pétrole

    En janvier 2019, le prix du pétrole en euros se redresse (+4,3 % après -12 % en décembre). Les prix en euros des matières premières importées (hors énergie) se redressent également (+0,9 % après −2,3 %), à l’instar de ceux des matières alimentaires (+1,7 % après −2,1 %). Les prix des matières industrielles sont quasi stables (−0,1 % après −2,6 %). Le prix du pétrole se redresse En janvier 2019, le prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord (Brent) en euros se redresse (+4,3 % après -12,0 %), à 52 € en moyenne par baril...

    Lire la suite

    Quel géant pétrolier génère le plus d'argent?

    Le mardi 12 février 2019 - Analyses des prix du pétrole

    Alors que les super-majors du secteur pétrolier dépassaient les estimations avec des résultats solides pour le quatrième trimestre et l'année 2018, Shell a battu Exxon (pour la deuxième année consécutive), pour s’affirmer comme le plus important générateur de flux de trésorerie des compagnies pétrolières.

    Lire la suite