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Rosneft chercher à rassurer sur ses affaires au Venezuela

prix du petrole MoscouMoscou: Le géant pétrolier russe semi-public Rosneft a cherché à rassurer sur ses investissements très politiques au Venezuela, empêtré dans une crise au sommet de l'Etat, source d'incertitude pour un groupe en bonne santé financière.
La Russie est le deuxième créancier du Venezuela après la Chine, ainsi qu'un important soutien du régime de Nicolas Maduro, défié par le président autoproclamé Juan Guaido qui jouit, lui, du soutien des États-Unis et de 20 pays de l'Union européenne.

Une partie de la dette vénézuélienne --à hauteur de plusieurs milliards de dollars-- envers Moscou est remboursée en hydrocarbures par des accords entre le groupe public pétrolier de Caracas PDVSA et Rosneft.

Officiellement, il s'agit d'avances pour des contrats de livraison de pétrole et carburants mais de nombreux experts y ont vu un soutien financier déguisé à Caracas.

"Les paiements suivent strictement le calendrier", a déclaré le vice-président de Rosneft Pavel Fedorov lors d'une conférence téléphonique. "Il n'y aura pas de retards".

Le groupe a assuré ses investisseurs que le Venezuela avait remboursé 2,3 milliards de dollars sur les 4,6 milliards (sans intérêts) qu'il lui avait prêtés sous forme d'avances.

Rosneft a des participations minoritaires dans quatre projets du groupe pétrolier du Venezuela PDVSA, et détient plusieurs champs gaziers dans le pays.

Parmi les principaux projets miniers de Rosneft, "les actifs au Venezuela se caractérisent par une base de ressources exceptionnelle", a déclaré le vice-président français de Rosneft, Eric Liron, lors d'une conférence téléphonique, indiquant "ne pas prévoir de baisse de production en 2019 sur les projets communs avec PDVSA".

Dans un état de délabrement avancé, l'ancien fleuron vénézuélien a été frappé récemment de sanctions américaines.

"Nous surveillons en permanence la situation politique et économique" de Caracas, a déclaré M. Liron, estimant que "l'instabilité de la situation politique" était un "phénomène temporaire n'affectant pas de manière significative les projets existants".

Rosneft, né sur les ruines du groupe pétrolier Ioukos de l'ex-oligarque et opposant Mikhaïl Khodorkovski démantelé au début des années 2000, a connu une très forte croissance ces dix dernières années.

Dirigé par un très influent proche de Vladimir Poutine, Igor SetChine, il a aussi épousé les intérêts géopolitiques de la Russie, suscitant parfois la méfiance des investisseurs malgré une bonne santé financière qui s'est confirmée mardi.

Profitant de la hausse des prix des hydrocarbures, le groupe a vu en 2018 son bénéfice net multiplié par 2,5 à 549 milliards de roubles, (environ 7,3 milliards d'euros au taux de change actuel).

Le chiffre d'affaires a bondi de 37% à 8.238 milliards de roubles, soit 110 milliards d'euros.

Les résultats ont été soutenus par une progression des prix du pétrole ainsi que par une hausse de la production dans la limite autorisée par l'accord conclu entre les pays de l'OPEP et leurs partenaires (dont la Russie) destinée à réduire leur offre.

Signe de la force de frappe du groupe, Igor SetChine a annoncé entre 1.200 et 1.300 milliards de roubles (16 à 17,4 milliards d'euros) d'investissements en 2019.

Igor SetChine ainsi que Rosneft font l'objet des sanctions occidentales imposées à la Russie à cause de la crise ukrainienne.

Le groupe a reconnu que ces dernières avaient "entraîné une réduction de l'accès au capital, un coût du capital plus élevé et une incertitude concernant la croissance économique" en Russie.

Cela "pourrait avoir des répercussions négatives sur la situation financière, les résultats d'exploitation et les perspectives commerciales futures de la société", a-t-il averti.

Gêné par les sanctions, l'italien Eni s'est récemment retiré de projets communs dans la mer Noire.

L'Irak est un autre exemple des affaires de Rosneft dans des pays en pleines turbulences. Le groupe a indiqué mardi avoir versé une avance de 1,8 milliard de dollars aux autorités du Kurdistan irakien pour un projet d'oléoduc.

Rosneft avait annoncé fin 2017 la signature d'un accord avec les autorités du Kurdistan irakien pour exploiter ses vastes ressources en hydrocarbures, disputées avec le pouvoir central de Bagdad, qui a vivement critiqué cet accord.


(c) AFP

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