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Le pétrole en forte baisse, craint un calage de la demande mondiale

prix du petrole NYC/Cours de clôtureNYC/Cours de clôture: Les cours du pétrole ont fortement baissé mercredi à Londres et New York, malgré un rapport sur les stocks américains mitigé, les investisseurs craignant que des menaces de guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux ne perturbent la demande mondiale.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a clôturé à 64,34 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,45 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour le contrat d'avril a également cédé 1,45 dollar à 61,15 dollars.

Le conseiller économique de la Maison Blanche Gary Cohn, considéré par Wall Street comme un rempart face aux velléités protectionnistes de Donald Trump, a démissionné mardi, laissant le champ libre aux défenseurs de l'agenda "America First" (l'Amérique d'abord) du président.

Cette démission a exacerbé "le pressentiment négatif du marché sur un risque imminent de guerre commerciale" entre les Etats-Unis et les autres pays, a commenté Matt Smith de ClipperData.

Donald Trump a prévu d'annoncer jeudi à la mi-journée le détail des taxes qu'il compte imposer aux importations d'acier et d'aluminium selon la presse américaine, malgré la menace de mesures de rétorsion de ses partenaires depuis qu'il a annoncé ses intentions en la matière la semaine dernière.

L'Union européenne prévoit par exemple de compenser les dommages estimés à 2,8 milliards d'euros, via une taxation lourde de plusieurs dizaines de produits en acier, industriels et agricoles, dont le tabac, les bourbons et les jeans, selon une liste consultée mercredi par l'AFP.

"La crainte est que cette fuite en avant puisse faire dérailler la croissance de la demande mondiale en pétrole, au plus haut depuis des décennies", a observé Phil Flynn de Price Futures Group.

Locomotive américaine


Généralement très surveillées par les marchés, les données hebdomadaires du l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA) sur les stocks américains de brut sont cette fois-ci passées au second plan.

Elles ont fait état d'une hausse des réserves de brut de 2,4 millions de barils pour la semaine terminée le 2 mars, soit moins que les 3 millions anticipés par les analystes.

Les stocks du terminal pétrolier de Cushing (Oklahoma), qui servent de référence à la cotation du pétrole new-yorkais, ont à nouveau baissé, à 28,2 millions de barils, au plus bas depuis la fin 2014.

La production américaine a quant à elle continué à progresser avec 10,37 millions de barils par jour.

"Les données contenues dans ce rapport n'ont pas été si négatives que cela. D'ailleurs le marché s'est repris au moment de la publication du rapport avant de chuter ensuite sous l'effet des péripéties à la Maison Blanche", a résumé M. Smith.

A plus long terme, ces données sont cependant scrutées alors que la hausse de la production américaine interroge sur l'équilibre du marché mondial.

Un rapport de l'EIA publié mardi a affirmé que celle-ci atteindrait 10,7 millions de barils par jour en moyenne cette année et 11,3 millions en 2019.

Lundi, un autre rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que les Etats-Unis feraient figure de locomotive en terme de production pétrolière dans les cinq prochaines années.

A l'inverse, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix autres producteurs, dont la Russie, ont décidé fin 2016 de limiter leur production dans le cadre d'un accord depuis renouvelé jusqu'à fin 2018.

Mais ces producteurs, qui ont réussi à faire remonter les prix en 2017, pourraient décider de changer de tactique si leurs parts de marché s'amenuisent, notamment en Asie, a souligné Stephen Brennock, analyste chez PVM.

"L'Arabie saoudite, de fait le chef de l'OPEP, a abaissé ses prix de vente à l'Asie pour la première fois depuis huit mois", a souligné l'analyste.


(c) AFP

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