Menu
A+ A A-

L'Opep toujours divisée avant sa réunion informelle à Alger

prix du petrole ParisParis: Sauf surprise, les principaux pays producteurs de pétrole réunis mercredi à Alger ne devraient pas trouver d'accord pour geler la production et faire remonter les prix, mais, au mieux, convenir de la nécessité d'une stabilisation du marché, selon des experts.
Un accord sur un gel de la production accepté par tout le monde, ce serait une surprise, estime Didier Houssin, président de l'organisme de recherche IFPEN. Les analystes s'attendent plus à un propos un peu lénifiant sur la nécessité de continuer à suivre le marché (...) et de stabiliser la production. Sans mesures contraignantes, sans quotas spécifiques.

Les cours ne feraient alors que sursauter, comme lors de l'annonce, début septembre, d'une coopération entre l'Arabie saoudite et la Russie (non OPEP) pour stabiliser le marché.

Les deux principaux producteurs mondiaux de brut n'ont pris aucune mesure pour enrayer l'offre excédentaire qui plombe les prix depuis mi-2014, fruit du boom des hydrocarbures de schiste américains et de la stratégie de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole d'ouvrir à fond les robinets pour maintenir ses parts de marché.

Le secrétaire général du cartel, le Nigérian Mohammed Barkindo, a lui-même refroidi les attentes: la réunion prévue le 28 septembre en marge du Forum international de l'énergie (IEF) sera une simple rencontre de concertation.


- Rivalités

La Russie et l'OPEP, dont les économies ont payé un lourd tribut à l'effondrement des cours, avaient échoué en avril, à Doha, à convenir d'un gel concerté de leur production faute d'accord entre Ryad et Téhéran.

Certes, le contexte semble aujourd'hui plus favorable à un consensus. L'Arabie saoudite et la Russie - également présente à Alger - pompent à des niveaux inédits ou quasi record, ce qui faciliterait l'acceptation d'un plafonnement.

L'Iran a quelque peu assoupli sa position: sa production, évaluée à 3,6 mbj en août par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), approche du niveau d'avant les sanctions internationales (4 mbj) que la République islamique ambitionne de retrouver, et l'augmenter encore rapidement s'avère plus compliqué faute d'investissements.

En tout, d'après l'AIE, l'OPEP a produit 33,47 mbj le mois dernier - un bond de 930.000 bj en un an et environ un tiers de la production mondiale.

Selon Bloomberg, Ryad s'est dit prêt à réduire sa production à condition que Téhéran gèle sa production à son niveau actuel, mais cette concession qui alimente les spéculations sur le marché pourrait se heurter aux rivalités qui demeurent vives au sein du cartel.

L'OPEP, dans le contexte actuel, n'existe plus parce que les divergences politiques sont telles que le secrétaire général a bien du mal à contrôler quoi que ce soit, constate Olivier Appert, président du Conseil français de l'énergie.

La Libye et le Nigeria sont réticents à une limitation de la production: fragilisés par des conflits internes, ces deux pays pompent très en deçà de leurs capacités. Tripoli vient d'ailleurs de reprendre ses exportations d'or noir.

Moscou juge réaliste une éventuelle réduction de 5% de sa production. Mais, tempère Pierre Terzian, directeur de la revue Pétrostratégies, on n'a jamais vu les Russes, jusqu'à présent, réduire ou geler leur production. Ils le déclarent, mais est-ce qu'ils le feront'.


- Une balle dans le pied

Pour Ryad, une remontée trop prononcée des cours reviendrait pourtant à se tirer une balle dans le pied: cela stimulerait la production des Etats-Unis qui, après un coup de frein dû à la faiblesse des cours, s'adapte au nouvel environnement de prix grâce à des innovations technologiques.

Si vous coupez, les prix remontent, vous en profiterez un peu mais d'autres en profiteront plus que vous, résume l'analyste pétrolier Thierry Bros.

La tentation est donc grande d'attendre un rééquilibrage du marché, estime M. Appert, même si celui-ci interviendra plus tardivement que prévu, en 2017 selon l'AIE. Les cours se sont déjà redressés depuis le plancher de janvier et tournent actuellement autour de 45 dollars le baril, un niveau proche de la fourchette de 50 à 60 dollars souhaitée par certains membres de l'OPEP.

Malgré tout, le ministre algérien de l'Energie, Noureddine Boutarfa, affiche son optimisme, soulignant que l'OPEP pourrait convoquer une réunion extraordinaire séance tenante à Alger pour permettre une prise de décision. L'OPEP est condamnée à prendre une décision pour stabiliser le marché, selon lui.

(c) AFP

Commenter L'Opep toujours divisée avant sa réunion informelle à Alger


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    lundi 20 mai 2019 à 21:54

    Le pétrole hésite à la clôture, l'Arabie saoudite veut pours…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont clôturé en ordre dispersé lundi après un appel de l'Arabie saoudite à prolonger un...

    lundi 20 mai 2019 à 13:21

    Frets maritimes: les frets secs grimpent, les pétroliers sta…

    Londres: Les prix des transports de matières premières sèches ont grimpé la semaine dernière, tandis que les taux des pétroliers sont restés...

    lundi 20 mai 2019 à 12:45

    Le pétrole grimpe, l'Arabie saoudite campe sur ses positions…

    Londres: Les prix du pétrole montaient lundi en cours d'échanges européens après un appel de l'Arabie saoudite à prolonger l'accord de limitation...

    lundi 20 mai 2019 à 11:41

    Les prix des carburants se maintiennent à un niveau élevé

    Paris: Les prix des carburants vendus dans les stations-service françaises se sont maintenus à un niveau élevé la semaine dernière, après 6 mois de...

    lundi 20 mai 2019 à 05:59

    Le pétrole grimpe en Asie, après la réunion de l'Opep

    Singapour: Les cours du pétrole étaient orientés à la hausse, lundi en Asie, en raison des tensions au Moyen-Orient et de l'engagement...

    samedi 18 mai 2019 à 03:00

    L'Argentine attribue 18 zones maritimes à l'exploration de g…

    Buenos aires: Le gouvernement argentin a attribué 18 zones maritimes à de grandes entreprises pour qu'elles en explorent les éventuelles ressources pétrolières...

    vendredi 17 mai 2019 à 12:11

    Le pétrole dopé sur la semaine par les tensions géopolitique…

    Londres: Les prix du pétrole montaient vendredi en cours d'échanges européens, en nette hausse sur la semaine alors que les tensions géopolitiques...

    vendredi 17 mai 2019 à 05:49

    Le pétrole continue de flamber en Asie

    Singapour: Les cours du pétrole continuaient de flamber, vendredi en Asie, en raison de l'escalade entre Washington et Téhéran, alors que l'Iran...

    jeudi 16 mai 2019 à 22:14

    Le pétrole monte, la tension grimpe au Moyen-Orient

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont grimpé jeudi avant une réunion de suivi de l'accord de l'Opep et de ses...

    Toute l'actualité du pétrole et des cours du baril

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mercredi 1 mai 2019 Le secteur pétrolier a flanché du fait d'un net recul des cours du pétrole dans la foulée de la publication d'un bond des stocks américains. BP a perdu 1,25% et Royal Dutch Shell 1,44%.

    En février 2019, le prix du pétrole accélère

    Le mercredi 20 mars 2019 - Analyses des prix du pétrole

    En février 2019, le prix du pétrole en euros augmente plus qu’en janvier (+8,3 % après +4,3 % en janvier). Les prix en euros des matières premières importées (hors énergie) accélèrent également (+4,0 % après +0,9 %) : en effet les prix des matières premières industrielles repartent nettement à la hausse (+8,2 % après −0,1 %). La hausse du prix du pétrole s’accentue En février 2019, le prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord (Brent) en euros accélère (+8,3 % après +4,3 %), à 56,4 € en moyenne par baril. La hausse est moins...

    Lire la suite

    En janvier 2019, le prix du pétrole se redresse

    Le lundi 25 février 2019 - Analyses des prix du pétrole

    En janvier 2019, le prix du pétrole en euros se redresse (+4,3 % après -12 % en décembre). Les prix en euros des matières premières importées (hors énergie) se redressent également (+0,9 % après −2,3 %), à l’instar de ceux des matières alimentaires (+1,7 % après −2,1 %). Les prix des matières industrielles sont quasi stables (−0,1 % après −2,6 %). Le prix du pétrole se redresse En janvier 2019, le prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord (Brent) en euros se redresse (+4,3 % après -12,0 %), à 52 € en moyenne par baril...

    Lire la suite

    Quel géant pétrolier génère le plus d'argent?

    Le mardi 12 février 2019 - Analyses des prix du pétrole

    Alors que les super-majors du secteur pétrolier dépassaient les estimations avec des résultats solides pour le quatrième trimestre et l'année 2018, Shell a battu Exxon (pour la deuxième année consécutive), pour s’affirmer comme le plus important générateur de flux de trésorerie des compagnies pétrolières.

    Lire la suite