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Le pétrole, déjà affaibli par le dollar, accuse sévèrement le coup dans le sillage des stocks US

prix du petrole LondresLondres: Les cours du pétrole plongeaient mercredi en fin d'échanges européens, plombés par une hausse inattendue des stocks de brut et de produits distillés la semaine dernière aux États-Unis, qui a ravivé les inquiétudes des investisseurs concernant la surabondance mondiale d'or noir.
Vers 16H00 GMT (18H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre, dont c'est le dernier jour de cotation, valait 47,17 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en recul de 1,20 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour la même échéance lâchait 1,44 dollar à 44,91 dollars.

Les cours du pétrole ont creusé leurs précédentes pertes après que les données sur les stocks du département américain de l'Énergie (DOE) ont montré une hausse de 2,28 millions de barils, dépassant les attentes du marché, et à l'équilibre par rapport à l'augmentation de 2,5 millions de barils de la semaine dernière, notait Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.

Lors de la semaine achevée le 26 août, les réserves commerciales de brut ont en effet augmenté de quelque 2,3 millions de barils alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg tablaient sur une hausse moins marquée, de 1,3 million de barils.

Les chiffres du DoE dépassent également les estimations de la fédération privée American Petroleum Institute (API), qui avait annoncé la veille au soir une progression de quelque 900.000 barils des réserves de brut.

La hausse des stocks de pétrole est indéniablement plus importante que prévu, avec un décalage par rapport au consensus de près d'un million de barils, expliquait à l'AFP Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.

C'est bien sûr une mauvaise nouvelle mais surtout une piqûre de rappel que le rééquilibrage du marché dont on parle depuis des mois va prendre certainement beaucoup plus de temps que prévu, poursuivait-t-il, estimant qu'il fallait s'attendre à ce que des mauvaises nouvelles de ce type continuent d'accroître la volatilité des cours dans les prochains mois.

De leur côté, les stocks d'essence ont reculé de 700.000 barils alors que les experts de Bloomberg prévoyaient une baisse plus sensible de 1 million de barils et l'API un recul de 1,6 million, mais les réserves de produits distillés (gazole, fioul de chauffage, kérosène, etc.) ont en revanche augmenté de 1,5 million de barils contre un recul de 125.000 barils attendu par les experts de Bloomberg et une hausse de près de 3 millions de barils calculée par l'API.

Dans le sillage de la publication du rapport du DOE, les cours du Brent et du WTI sont tombés respectivement jusqu'à 47,10 dollars et 44,83 dollars le baril, au plus bas en plus de quinze jours.

Si les données sur les stocks américains ont nettement accru la tendance baissière des prix pétroliers, celle-ci était déjà bien installée dès le début des échanges asiatiques, l'or noir souffrant depuis le début de la semaine d'un net renforcement du dollar sur fond d'attentes grandissantes de voir la Réserve fédérale américaine (Fed) relever ses taux d'intérêt d'ici la fin de l'année, ce qui bénéficierait au billet vert.

Toute appréciation du dollar pèse en effet sur les achats pétroliers, qui sont libellés dans cette monnaie et donc rendus moins avantageux pour les opérateurs disposant d'autres devises.

Le vrai problème dans l'immédiat (pour le pétrole) a plutôt trait à la force du dollar US, qui pousse les cours à la baisse et qui, en toute logique, devrait s'accroître dans les semaines à venir avec la perspective probable d'une hausse des taux de la Fed lors de sa réunion des 20 et 21 septembre, abondait M. Dembik.

Aussi la baisse est clairement toujours de mise et reste notre scénario de base tant que le rééquilibrage de l'offre et de la demande ne se matérialisera pas davantage sur le terrain, concluait l'analyste.

(c) AFP

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