A+ A A-

Le pétrole reflue à nouveau, sans espoir de voir les excédents se résorber

prix du petrole LondresLondres: Les cours du pétrole creusaient leurs pertes mardi en fin d'échanges européens, dans un marché de moins en moins confiant dans la possibilité d'assister à des réductions d'offre alors que la production russe a atteint un nouveau record et que l'Iran prépare son retour en force sur le marché.
Vers 17H25 GMT (18H25 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 33,12 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,12 dollar par rapport à la clôture de lundi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour la même échéance lâchait 1,30 dollar à 30,32 dollars.

Les cours du Brent et du WTI, auxquels la perspective d'une entente entre pays producteurs sur des réductions d'offre avaient permis de nettement rebondir la semaine dernière, s'affichaient de nouveau dans le rouge depuis lundi.

Le baril de Brent, la référence européenne des cours du pétrole, a en effet perdu jusqu'à plus de 4% dans la journée, s'approchant des 32 dollars le baril, alors que son équivalent américain, le WTI, redescendait un temps sous le seuil symbolique des 30 dollars.

Les cours avaient en effet nettement progressé à la suite de spéculations sur la possibilité d'un accord entre la Russie et l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour imposer une baisse de la production qui permettrait de réduire les excédents d'offre, mais le marché a depuis largement déchanté.

Ces spéculations avaient été notamment alimentées par des propos jeudi du ministre russe de l'Énergie qui avait indiqué que le cartel pétrolier voulait convoquer une réunion en février non limitée à ses membres et que Moscou était prête à y participer et précisé que l'Arabie saoudite (le plus gros producteur au sein de l'OPEP) avait évoqué dans le passé la possibilité d'une baisse générale de production de 5%.

Mais les craintes liées à la surabondance d'offre ont depuis repris le dessus à la faveur d'une production russe record en janvier et avant la publication des données sur les stocks américains de brut attendues mercredi, dont l'association professionnelle American Petroleum Institute (API) livrera sa propre estimation mardi après la clôture des marchés.

Les compagnies pétrolières russes ont pompé le mois dernier 46 millions de tonnes de pétrole et condensats, soit 18,88 millions de barils par jour en moyenne, ce qui représente une hausse de 1,5% par rapport à janvier 2015 et un record depuis la chute de l'URSS.

Malgré le scepticisme des experts sur la probabilité que se tienne une réunion entre pays de l'OPEP et producteurs hors cartel, le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak a reçu lundi son homologue vénézuélien Eulogio del Pino, dont le pays est membre de l'OPEP, qui doit également se rendre au Qatar, en Iran, et en Arabie saoudite, membres également.

Mais les analystes de Commerzbank précisaient mardi que, selon des délégués de l'OPEP, rien n'avait encore été décidé concernant la tenue d'une éventuelle réunion extraordinaire ce mois-ci.

En outre, "le secteur manufacturier des deux plus grands pays consommateurs de pétrole (ndlr: la Chine et les États-Unis) est en récession, ce qui ranime les peurs sur la demande à venir", notaient-ils.

"Je ne pense pas qu'on ait encore atteint (un) niveau plancher en termes de cours, une baisse plus importante est probable au fur à mesure que l'activité (économique) va ralentir dans les mois à venir. La publication d'indicateurs concernant l'activité des services des deux côtés de l'Atlantique (mercredi) devrait accentuer la tendance baissière", prédisait Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.

L'Institut français du pétrole Énergies nouvelles (IFP EN) a à l'inverse estimé mardi que le prix du pétrole ne peut durablement se maintenir autour de 30 dollars le baril car la baisse des investissements dans l'exploration et la production pétrolières entraînera un rebond, sans se prononcer sur son ampleur.

(c) AFP

Commenter Le pétrole reflue à nouveau, sans espoir de voir les excédents se résorber



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 18 août 2026 à 11:58

    Le pétrole porté par les inquiétudes sur le Moyen-Orient

    Londres: Les cours du pétrole progressent légèrement mardi, après des nouvelles attaques des rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, contre l'Arabie...

    mardi 18 août 2026 à 06:43

    Pétrole détecté au large de l'Amazonie: un "passeport p…

    Sao Paulo: Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a qualifié lundi de "passeport pour l'avenir" le pétrole récemment découvert au...

    mardi 18 août 2026 à 01:54

    Lula présente le pétrole au large de l’Amazonie comme un ato…

    Londres: Petrobras a fait état, vendredi 14 août, d'indices de présence de pétrole dans un puits en eaux profondes situé à 175...

    lundi 17 août 2026 à 21:15

    Le pétrole progresse, s'inquiète des tensions entre les Etat…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont avancé lundi, réagissant aux nouveaux signes de fermeté entre Washington et Téhéran qui éloignent...

    lundi 17 août 2026 à 15:27

    Trump menace de bombarder Oman s'il entrave un accord sur le…

    Washington: Donald Trump a menacé lundi de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" d'un accord sur le détroit d'Ormuz.

    lundi 17 août 2026 à 11:50

    Le pétrole reste prudent face au manque de lisibilité sur l…

    Londres: Les cours du pétrole hésitent lundi à cause de la complexité à évaluer les exportations provenant du Moyen-Orient selon les analystes...

    samedi 15 août 2026 à 12:29

    L'Iran réaffirme que le détroit d'Ormuz restera iranien

    Téhéran: Téhéran a réaffirmé samedi que le détroit d'Ormuz "restera iranien", après que le président américain Donald Trump a affirmé que ce...

    vendredi 14 août 2026 à 23:19

    Trump dit qu'il va déclarer qu'Ormuz est "un territoire…

    New York: Donald Trump a dit vendredi qu'une fois l'Iran battu, il déclarerait le très stratégique détroit d'Ormuz comme un "territoire des...

    vendredi 14 août 2026 à 21:20

    Le pétrole repart en hausse, menaces renouvelées de Washingt…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont progressé vendredi, portés par le durcissement de ton des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Lundi 17 août 2026

    A la mi-journée, le prix du baril de Brent progressait à 89,29 $/baril (+0,87 %), soit 77,02 €/baril, après avoir clôturé vendredi à 88,52 dollars (+1,67 %). Les cours du pétrole restaient soutenus par les incertitudes autour du détroit d’Ormuz: le trafic pétrolier aurait encore diminué durant le week-end après plusieurs attaques contre des pétroliers d’ADNOC, mais un nombre croissant de navires traverseraient désormais le détroit avec leur transpondeur éteint, rendant difficile l’évaluation réelle des exportations de pétrole du Moyen-Orient. L’Iran réaffirmait parallèlement qu’Ormuz "restera iranien", tandis que Donald Trump répétait que les États-Unis contrôlaient ce passage stratégique et évoquait même son futur statut de "territoire des États-Unis".

    Comment investir dans le pétrole ?

    Le jeudi 01 décembre 2022

    Le pétrole est la matière première par excellence de ces 150 dernières années... Cet or noir qui a permis l'incroyable évolution moderne que nous connaissons dans nos vies de tous les jours autant dans l'industrie que dans le transport, pour ne citer qu’eux. Essentiel à notre niveau de vie, rare car limité, donc cher, le pétrole n’en demeure pas moins la ressource primordiale vers la transition énergétique nouvellement entamée.Ne vous y trompez pas : le baril n’a pas fini de surprendre dans les années à venir, tant dans ses niveaux de prix...

    Lire la suite

    💶 Les plus grandes transactions dans le secteur du pétrole et du gaz depuis le début du siècle

    Le mercredi 11 octobre 2023

    Paris: La major américaine de l'énergie Exxon Mobil a déclaré qu'elle allait acquérir Pioneer Natural Resources dans le cadre d'une opération évaluée à 59,5 milliards de dollars, afin de plus que doubler sa présence dans le bassin permien, la plus grande zone de schiste des États-Unis.  Une fois l'opération réalisée, il s'agirait de la plus importante acquisition d'Exxon depuis celle de Mobil en 1998, qui s'élevait à 81 milliards de dollars. Voici les principales opérations réalisées dans le secteur mondial du pétrole et du gaz depuis les années 2000.

    Lire la suite

    📊 Historique des prix du pétrole

    Le vendredi 17 juin 2022

    Dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le prix du pétrole, corrigé de l'inflation, a atteint son plus haut niveau depuis sept ans. La Russie est l'un des plus grands producteurs de pétrole brut au monde, et de nombreux pays ont annoncé une interdiction des importations de pétrole russe dans le cadre de la guerre. Cela a entraîné des incertitudes en matière d'approvisionnement et, par conséquent, une hausse des prix. Comment la hausse des prix se compare-t-elle aux événements politiques et économiques précédents ? Examinons les prix historiques...

    Lire la suite