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La chute du pétrole continue à ses plus bas depuis 12 ans

prix du petrole New YorkNew York: Les cours du pétrole ont, comme la veille, baissé mardi à New York et fini au plus bas depuis fin 2003, tombant même brièvement sous 30 dollars le baril, face au pessimisme persistant sur la surabondance générale.
Le cours du baril de light sweet crude (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.) pour livraison en février a perdu 97 cents à 30,44 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), soit son plus bas niveau de clôture depuis plus de douze ans. Ces chiffres ont été annoncés avec un retard de trois quarts d'heure par le Nymex, en raison d'un problème technique.

Peu avant la clôture, il a même plongé sous le seuil des 30 dollars, tombant jusqu'à 29,93 dollars, ce qui constitue là aussi une première depuis décembre 2003.

A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance a reculé de 69 cents à 30,86 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), soit son plus bas niveau depuis avril 2004.
Les cours, en baisse de plus de 30% en 2015 puis de près de 20% supplémentaires depuis le début de l'année, ont tenté un rebond en début de séance à New-York, mais ils ont vite replongé, comme à Londres, où le baril de Brent à aussi terminé à moins de 31 dollars.

Le marché reste sous pression, à cause des implications du retour imminent de l'Iran avec la levée imminente de sanctions contre Téhéran, et du fait que l'on n'attend aucune mesure de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a résumé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Dominée par l'Arabie saoudite, suivie par les autres monarchies du Golfe, l'OPEP avait donné fin 2015 un coup au marché en s'abstenant de se fixer des objectifs chiffrés de production.

Signe que cette stratégie provoque des tensions au sein même du cartel, le ministre nigérian des Ressources pétrolières, qui assurait la présidence de l'OPEP jusqu'au 31 décembre, s'est prononcé pour la tenue d'une réunion extraordinaire début mars.

Mais, immédiatement après, un ministre des Emirats arabes unis (EAU) a rejeté l'idée, a expliqué M. Lipow.

Le Ministre de l'Energie, Suhail al-Mazrouei, a dit s'attendre à une reprise du marché pétrolier avant la fin de l'année, en dépit de la dégringolade actuelle des prix.

L'appel nigérian à une réunion anticipée de l'OPEP serait quelque chose de constructif si cela aboutissait vraiment à un sommet et à un changement de politique, mais rien ne dit que l'Arabie saoudite et ses plus proches alliés, comme les EAU, acceptent même d'en discuter, a renchéri Tim Evans, de Citi.


- La Chine inquiète toujours

Dans ce contexte, le marché n'a guère trouvé de soutien dans des actualités plus favorables, comme l'annonce par le département américain de l'Energie (DoE) que la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis devrait décliner en février pour le septième mois de suite.

Parallèlement, dans un rapport mensuel séparé, le DoE a estimé que la production de pétrole baisserait de quelque 700.000 barils par jour (bj) l'an prochain aux Etats-Unis, soit plus que dans sa précédente estimation, mais le marché n'a guère salué cette annonce.

"Pour que le marché se stabilise, il faut que la production continue à baisser aux Etats-Unis et que les investissements continuent à diminuer", comme le montre l'annonce mardi par le groupe britannique BP de 4.000 suppressions de postes, mais aussi "que la demande mondiale augmente", a prévenu M. Lipow. "Or, le marché s'inquiète désormais d'un ralentissement en Chine".

Première importatrice mondiale de pétrole, la Chine suscite depuis le début de l'année l'inquiétude des marchés mondiaux face à un effondrement de la Bourse de Shanghaï, malgré une accalmie mardi, dans un contexte d'indicateurs décevants et de méfiance sur la capacité des autorités à gérer la situation.

Dans le même ordre d'idée, l'Inde, un pilier des marchés émergents, a publié une statistique préoccupante, avec une chute sur un an de sa production industrielle en novembre, soit la première depuis octobre 2014, a remarqué Matt Smith, de ClipperData.

Il rappelait que le marché devrait désormais se retourner vers les Etats-Unis, où la fédération professionnelle American Petroleum Institute (API) doit publier après la clôture ses estimations hebdomadaires sur le niveau de l'offre américaine, avant les chiffres officiels du DoE le lendemain.

(c) AFP

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