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Le pétrole baisse, effaçant partiellement son rebond de la veille

prix du petrole LondresLondres: Les prix du pétrole perdaient du terrain jeudi en cours d'échanges européens, après avoir fortement rebondi la veille sur fond de hausse moins élevée que prévu des stocks de brut et d'un reflux des réserves d'essence et de produits distillés aux États-Unis.
Vers 11H30 GMT (12H30 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 48,27 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en repli de 78 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance perdait 66 cents à 45,28 dollars.

Les cours du Brent et du WTI se sont envolés mercredi, prenant respectivement 4,79% et 6,34% dans le sillage de la publication des chiffres hebdomadaires du département américain de l'Énergie (DoE) sur les stocks de pétrole aux États-Unis, qui se sont avérés moins élevés qu'attendu.

Le rapport du DoE a fait état d'une hausse de 3,4 millions de barils des réserves de brut durant la semaine close le 23 octobre, un peu inférieure aux attentes (+3,75 millions selon les experts de Bloomberg), et assortie d'un recul plus fort que prévu des stocks d'essence (-1,1 million de barils) et de produits distillés (-3 millions de barils).

Toutes catégories confondues, les stocks pétroliers américains ont baissé de 3,7 millions de barils.

Pour Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, "les statistiques pétrolières américaines n'ont été ni franchement haussières, ni franchement baissières".

D'une part, la production américaine de pétrole brut a augmenté légèrement, ce qui était de nature à tirer les prix vers le bas, selon lui. Mais d'autre part, les raffineries aux États-Unis en ont désormais fini avec la période de maintenance, ce qui va un peu soulager les réserves excédentaires de brut.

La production américaine a en effet légèrement progressé durant la semaine du 23 octobre, de 16.000 barils par jour à 9,112 millions de barils par jour.
De leur côté, les raffineries américaines ont accéléré la cadence, fonctionnant à 87,6% de leurs capacités contre 86,4% la semaine précédente, ce qui signifie que davantage de pétrole brut va pouvoir être transformé.

Ainsi, selon les statistiques du DoE, les réserves du terminal pétrolier de Cushing (Oklahoma, sud), qui servent de référence au pétrole échangé à New York, le WTI, ont reflué de 800.000 barils, à 53,3 millions.

"Avec une diminution du nombre total de stocks, le rapport hebdomadaire du DoE peut être accueilli positivement mais le rebond d'hier a débuté avant la publication du rapport", notait Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix.

"Nous ne sommes pas certains de ce qu'il y avait derrière ce rebond éclair d'une minute mais il s'agissait en tout cas d'un mouvement d'échanges inhabituel", poursuivait l'analyste.

Selon Bjarne Schieldrop, l'annonce par le groupe pétrolier américain Hess Corporation d'une réduction de ses dépenses est la seule bonne explication à cette hausse soudaine des cours.

"Plus tôt dans la journée mercredi, Hess Corporation a annoncé une réduction de 27% de ses dépenses en 2016 et un déclin anticipé de sa production de 8,7% sur un an (à la fois pour le pétrole et le gaz)", relevait M. Schieldrop.

Même si, selon l'analyste, l'annonce n'a pas eu d'impact sur les cours au moment où elle est sortie, "elle a pu provoquer une incertitude persistante concernant la production de l'année prochaine et l'équilibre du marché pétrolier", qui s'est traduite par une hausse des prix plus tard dans la séance.

Car, pour M. Schieldrop, les réductions d'investissements et de production décidées par Hess Corporation pourraient être représentatives, dans l'esprit des acteurs du marché, de ce que d'autres compagnies pétrolières s'apprêtent à annoncer.

Les investisseurs avaient désormais les yeux tournés vers l'évolution du nombre de puits en activité aux États-Unis, que la société de services pétroliers Baker Hughes devait annoncer vendredi, qui est considérée comme un signe avant-coureur de l'évolution de la production de brut.

(c) AFP

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