New York: Les cours du pétrole ont baissé lundi à New York, le marché semblant découragé devant la décélération confirmée de la croissance économique chinoise, qui fait craindre pour la demande en l'absence d'éléments laissant attendre un repli de l'offre.Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre a perdu 1,37 dollar à 45,89 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a perdu 1,85 dollar à 48,61 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).
"C'est la poursuite du mouvement de baisse la semaine dernière", a noté Kyle Cooper, de IAF Advisors, notant que le marché n'avait "pas pu rester sur l'élan" qui avait permis aux cours de rebondir vendredi.
"La Chine est la chose principale aujourd'hui, il n'y avait rien d'inspirant dans les chiffres de la production industrielle et cela donne un ton négatif pour commencer la semaine", a déclaré pour sa part Phil Flynn, de Price Futures Group.
La production industrielle a fortement ralenti en septembre dans la deuxième économie mondiale pour s'afficher en hausse de 5,7% sur un an, contre 6,1% en août, et la croissance du produit intérieur brut de l'ensemble du troisième trimestre s'est établie à 6,9%, sa pire performance depuis 2009.
Aux Etats-Unis, "un début médiocre de la saison des résultats d'entreprises pèse sur le moral" des investisseurs et contribue également à pousser les cours en baisse, a jugé pour sa part Matt Smith, de ClipperData.
Enfin du côté de l'offre, le marché attend des signes tangibles d'un resserrement qui tarde à se manifester.
"On prévoit que les choses vont s'améliorer à long terme, mais la réalité, semaine après semaine, c'est qu'il n'y a pas de resserrement", a souligné Kyle Cooper, en faisant particulièrement référence aux chiffres hebdomadaires du ministère américain de l'Energie (DoE) sur les stocks et la production de brut aux Etats-Unis.
"On n'a pas besoin d'avoir des chiffres qui poussent franchement à la hausse, mais il faudrait au moins une tendance qui soit moins baissière", a-t-il dit, alors que les stocks de brut se sont affichés en hausse plus forte qu'attendu deux semaines de suite.
Enfin, "avec l'Iran qui commence à mettre en oeuvre l'accord sur le nucléaire conclu en juillet, le marché se prépare à un surcroît d'offre, puisque l'Iran se dit en mesure de produire 3,4 millions de barils par jour (mbj) six à sept mois après la levée des sanctions, contre 2,8 mbj ces derniers mois", a noté pour sa part Tim Evans, chez Citi.
Les Iraniens "sont impatients d'augmenter leur production, mais ils sont aussi malheureux des prix actuels", ajoutait M. Evans, estimant que la République islamique souhaite voir remonter les cours vers 70 à 80 dollars le baril, grâce à une réduction de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Or les analystes estiment généralement qu'il y a peu de chances qu'une réunion technique entre membres de l'Opep et pays hors-Opep, prévue mercredi à Vienne, débouche sur des mesures significatives.
"Au mieux, une fourchette de prix équitable pourrait être annoncée par l'Opep" pour guider le marché, a estimé Adam Longson, chez Morgan Stanley.
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