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La baisse du baril plombe les budgets des producteurs, et pour un bon moment

prix du petrole téhérantéhéran: La chute du prix du pétrole à 40-45 dollars le baril pèse sur les grands producteurs, émergents mais aussi avancés, et la tendance devrait perdurer avec le retour prévu de l'Iran sur le marché mondial.
Les budgets sont plus difficiles à boucler, les finances publiques se détériorent, les devises plient, les effets sont multiples et varient selon les pays.

La baisse des prix du pétrole va continuer à peser sur les perspectives des exportateurs de pétrole, notait mercredi le Fonds monétaire international (FMI), relevant que si certains pays comme l'Arabie saoudite utilisent leurs confortables réserves budgétaires, la marge de manoeuvre est plus réduite dans d'autres pays.

A court d'argent, le Venezuela offre à ses clients déjà endettés comme la Jamaïque où la République dominicaine d'importantes ristournes sur leur achat de pétrole en échange de grosses sommes en liquide nécessaires à l'économie du pays, qui importe notamment 60% de ses besoins en alimentation et en médicaments.

Caracas, très dépendant du pétrole, s'endette, brade ses réserves en or et ses biens. Pourtant, à l'approche des législatives de décembre, le président de gauche, Nicolas Maduro, n'entend pas renoncer à sa politique affichée en faveur des pauvres et ne serre pas les cordons de la bourse.

Selon l'économiste Orlando Ochoa, cette politique ressemble vraiment à un suicide: le gouvernement Maduro dilapide les biens (publics) pour boucler (le budget) 2016, sans programme de réformes économiques et en procédant à des transactions douteuses avec les revenus pétroliers.

Au Mexique, le gouvernement agit différemment avec des coupes budgétaires de 8,2 milliards d'USD, soit 0,7% du PIB en 2015.

En 2016, elles pourraient être encore supérieures (0,8% du PIB) et le pays a renoncé à un projet de train à grande vitesse ainsi qu'à l'organisation du championnat du monde de natation en 2017.

- Le Canada en récession -

Les pays avancés sont eux aussi affectés. Le Canada, par exemple, est entré en récession à la suite de l'effondrement des investissements des compagnies pétrolières et le licenciement de plus de 20.000 personnes en Alberta (province pétrolière de l'Ouest).

Le budget de l'Etat fédéral, qui devait être excédentaire de 1,4 milliard de dollars canadiens (un peu plus d'un milliard USD) pour 2015/16, devrait finalement être déficitaire d'un milliard, malgré six milliards de dollars canadiens de revenus pétroliers, selon le directeur du budget au Parlement.

Des effets également sur le cours des monnaies: en Russie, le rouble s'est déprécié de plus de 20% face au dollar, ce qui compense partiellement la baisse du baril, vu que le billet vert est la référence du marché pétrolier.

La Russie a aussi nettement réduit ses dépenses en coupant les effectifs de la fonction publique, notamment dans les secteurs de la santé et l'éducation.

Le Premier ministre, Dmitri Medvedev, a reconnu que la préparation du budget 2016 se trouvait compliquée par les prix pétroliers.

- Le grand retour de l'Iran -

Egalement soumis à des sanctions internationales qui devraient être levées en 2016, l'Iran est amené à jouer un rôle déterminant sur le marché.

En vertu d'un accord avec les grandes puissances en juillet, les sanctions doivent être levées en échange de l'engagement par l'Iran de ne pas se doter de l'arme nucléaire.

La fin des sanctions implique que ce pays, qui dispose des quatrièmes réserves pétrolières mondiales, va inonder le marché avec pour effet quasi-automatique une nouvelle baisse des prix.

Le retour plein et entier de l'Iran sur le marché mondial ajoutera au final un million de barils par jour, faisant baisser les prix de 10 dollars par baril l'année prochaine, selon le FMI.

La production de l'Iran est actuellement de 2,8 millions de barils/jour et, dès la levée des sanctions, il voudrait l'augmenter de 600.000 à un million de barils, avec pour objectif d'en produire 4,2 millions fin 2016, selon le ministre iranien du pétrole, Bijan Namdar Zanganeh.

La perspective du retour de l'Iran a eu un impact psychologique, mais je pense que ce facteur est un peu surestimé, estime Julian Jessop, chef économiste chez Capital Economics, à Londres.

Une nouvelle baisse des prix qui pourrait être catastrophique pour le Nigeria, premier producteur d'Afrique subsaharienne, déjà très affecté par la situation actuelle qui se traduit par l'abandon de grands travaux, comme des voies ferroviaires et de grands axes routiers.

Des milliers de fonctionnaires n'ont en outre pas été payés depuis des mois.

Le pétrole représente 90% des revenus à l'exportation du pays le plus peuplé d'Afrique et 80% des revenus du gouvernement fédéral.

burs-stb/fz/vl/cj



(c) AFP


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