New York: Les cours du pétrole ont lourdement rechuté mardi à New York, victimes de la vague d'inquiétude ayant pesé sur tous les marchés financiers après la publication d'indices manufacturiers décevants notamment en Chine et aux États-Unis, qui ont renforcé les inquiétudes vis-à-vis de la demande de pétrole.Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en octobre a perdu 3,79 dollars à 45,41 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), mettant fin à une série de trois séances de forte hausse qui lui avait permis de bondir de plus de 27%.
A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, a chuté encore plus lourdement, perdant 4,59 dollars à 49,56 dollars, là aussi sur le contrat pour octobre, sur l'International Exchange (ICE).
La faiblesse des indices manufacturiers aujourd'hui, de la Chine à l'Europe en passant par les États-Unis, semble avoir contribué à la baisse du cours du pétrole, a commenté Connor Campbell, analyste chez Spreadex.
L'indice d'activité dans le secteur manufacturier aux États-Unis a en effet baissé en août, selon l'indice des directeurs d'achat de ce secteur publié mardi par l'association professionnelle ISM, alors que les analystes s'attendaient à ce qu'il soit stable.
Mais c'est la contraction violente de l'activité manufacturière en Chine, deuxième économie mondiale et deuxième plus gros consommateur de pétrole au monde après les États-Unis, au mois d'août qui a accaparé les esprits des investisseurs ce mardi.
L'indice PMI dévoilé par le Bureau national des statistiques (BNS) s'est établi à 49,7 en août, soit son plus bas niveau depuis août 2012, contre 50 en juillet.
Les cours du pétrole ont glissé de nouveau à cause de perspectives moroses sur la demande chinoise, soulignait Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.
Quant aux Etats-Unis, la fin de l'été, qui se traduit par une baisse de la demande en essence, rapproche la perspective des opérations de maintenance des raffineries, ce qui fait que nous allons bientôt voir augmenter les stocks de brut, a prévu Kyle Cooper, de IAF Advisors.
A la veille de la publication des chiffres hebdomadaires du ministère de l'Energie (DoE) sur les réserves des Etats-Unis, M. Cooper table sur un déclin des stocks de brut et d'essence, et une hausse de ceux de produits distillés.
Et du côté de l'offre, toujours surabondante, le tableau n'est guère meilleur pour les investisseurs: les Iraniens ont dit qu'ils avaient déjà commencé à augmenter leur production, a noté M. Cooper.
De fait, selon la chaîne de télévision iranienne Press TV, l'Iran, qui espère une prochaine levée des sanctions économiques le frappant après l'accord conclu en début d'été sur son programme nucléaire, a déjà augmenté de 50.000 barils par jour (bj) sa production de brut en août, pour atteindre son plus niveau depuis juillet 2012, à 2,9 millions de bj.
Ce n'est pas un problème si nos exportations doublent et les prix chutent de moitié, a déclaré le ministre iranien du pétrole Bijan Zangeneh, cité par Press TV.
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