A+ A A-

Face aux menaces, les monarchies pétrolières du Golfe mettent leurs querelles en sourdine

prix-du-petrole dohaDoha: Les dirigeants des monarchies pétrolières du Golfe se réunissent mardi au Qatar pour leur sommet annuel après des mois de querelles mises en sourdine face à la menace des jihadistes et l'influence grandissante de l'Iran, sur fond de plongeon des prix du baril de pétrole.
L'effondrement des prix du pétrole, la situation en Irak et en Syrie ainsi que l'aggravation des violences au Yémen figurent à l'ordre du jour du sommet qui a failli ne pas se tenir à Doha.

Le prix du brut a perdu 40% depuis juin. Cela veut dire que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui tirent 90% de leurs revenus du pétrole, pourraient perdre environ 300 milliards de dollars, par comparaison aux revenus de 730 milliards engrangés l'année dernière.

Les prix ont continué à baisser après la décision le mois dernier de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir sa production inchangée, principalement sous la pression de pays du Golfe emmenés par l'Arabie saoudite, soucieux de préserver leurs parts de marché.

Le simple fait que cette réunion ait lieu et que l'ensemble des dirigeants du Golfe se retrouvent à la même table est en soi déjà un succès, a déclaré à l'AFP un responsable qatari sous couvert d'anonymat.

La crise qui a éclaté en mars 2014 avec le rappel des ambassadeurs saoudien, émirati et bahreïni en poste à Doha est la plus grave à laquelle a été confronté depuis sa création en 1981 le CCG qui regroupe Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar.

Ryad, Abou Dhabi et Manama ont accusé Doha de déstabiliser la région par son soutien aux Frères musulmans, notamment en Egypte, et d'accorder l'asile à des opposants islamistes hostiles à leurs régimes.

Une réconciliation a été scellée en novembre et s'est concrétisée par l'annonce du retour des trois ambassadeurs du Golfe à Doha. Elle a été rendue possible par une médiation koweïtienne et surtout par le repositionnement du grand frère saoudien qui s'est placé au milieu du jeu pour faire taire les divergences arabes, en particulier entre le Qatar et l'Egypte.

Il y a eu clairement une volonté des pays du Golfe de dépasser leurs désaccords face aux enjeux vitaux de la région, en particulier les conflits en Irak, Syrie et Yémen, le danger représenté par les groupes jihadistes pour leur propre sécurité et les tentatives prêtées à Téhéran de profiter de la situation pour accroître son influence régionale, estiment des analystes.

Pendant des mois, l'Arabie et les Emirats ont tenté d'arracher des concessions au Qatar, l'enfant terrible du Golfe, pour qu'il démontre, par des actes, l'arrêt de son soutien à des groupes extrémistes.

Certes, il y a eu des gestes de Doha pour favoriser l'unité, mais pas de volte-face radicale, affirment des experts. Le sommet de mardi s'inscrit dans la mise en oeuvre d'une désescalade progressive, ajoutent-ils.

- Coopération militaire

Le sommet de Doha devait initialement s'étaler sur deux jours, mais le comité d'organisation a annoncé lundi soir que la réunion ne se tiendrait que sur la seule journée de mardi, sans donner d'explication.

La plupart des membres du CCG font partie de la coalition internationale conduite par Washington et qui mène des frappes en Irak et en Syrie. Le Qatar abrite le centre de commandement des opérations, tandis que l'Arabie et les Emirats ont mené de multiples raids aériens contre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Les leaders du Golfe doivent discuter des moyens de mettre en oeuvre une plus grande coopération en matière de commandement militaire, d'activités navales et de force de police conjointe, a indiqué le secrétariat du CCG.

Les dirigeants doivent aussi examiner les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de plusieurs accords dans le domaine du contre-terrorisme, signés par les Etats du CCG, a ajouté le secrétariat.

Un accord d'union douanière doit également être évoqué. Il est censé entrer en vigueur le mois prochain mais, selon toute vraisemblance, sa mise en oeuvre devrait être retardée.







Commenter Face aux menaces, les monarchies pétrolières du Golfe mettent leurs querelles en sourdine



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    jeudi 21 mai 2026 à 19:12

    Carburants: ce qu'il faut retenir des annonces du gouverneme…

    Carburants: Le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs de ses ministres ont détaillé jeudi les nouvelles aides instaurées pour soutenir l'activité économique...

    jeudi 21 mai 2026 à 16:04

    Le marché pétrolier basculera en "zone rouge" cet …

    Paris: Le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre en "juillet ou en août", en l'absence d'issue...

    jeudi 21 mai 2026 à 12:03

    Le pétrole hésite face à une situation "sur le fil…

    Londres: Les cours du pétrole hésitent jeudi, Donald Trump décrivant une situation "sur le fil", et alternant entre des déclarations optimistes sur...

    jeudi 21 mai 2026 à 11:32

    Détroit d'Ormuz: l'Iran revendique le contrôle des eaux jusq…

    Téhéran: Le nouvel organisme iranien de gestion du détroit d'Ormuz a revendiqué mercredi une zone de contrôle allant jusqu'aux eaux au sud...

    mercredi 20 mai 2026 à 21:28

    Le pétrole chute avec l'espoir renouvelé d'un accord USA-Ira…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont terminé en net repli mercredi, tirés vers le bas par des propos de Donald...

    mercredi 20 mai 2026 à 17:45

    Le pétrole perd plus de 5% avec l'espoir d'avancée des négoc…

    New York: Les cours du pétrole chutent davantage mercredi après des propos de Donald Trump assurant que les négociations avec Téhéran pour...

    mercredi 20 mai 2026 à 16:43

    USA: baisse plus marquée qu'anticipé des stocks commerciaux …

    NYC / Stocks aux USA: Les stocks commerciaux de pétrole brut ont connu un repli plus important qu'attendu la semaine passée aux...

    mercredi 20 mai 2026 à 11:55

    Le pétrole baisse après le passage d'un pétrolier sud-coréen…

    Londres: Les cours du pétrole redescendent mercredi après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz, le marché se montrant optimiste...

    mercredi 20 mai 2026 à 10:00

    Londres assouplit les sanctions sur les importations de dies…

    Londres: Le Royaume-Uni a annoncé un assouplissement de ses sanctions en réautorisant mercredi les importations de diesel et de kérosène raffinés à...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mercredi 29 avril 2026 En fin d'après-midi les prix du baril de pétrole s'envolaient: le cours du Brent flambait autour de 119 $/baril (~ +7 %) et le WTI suivait autour des 106 $/baril (~ +6 %), dopés par la crainte d'un blocus prolongé du détroit d'Ormuz et les tensions avec l'Iran, malgré un record d’exportations américaines de pétrole à 6,4 millions de barils/jour.

    📈 Le pétrole flambe à nouveau, jusqu'à quand?

    Le jeudi 02 avril 2026

    Analyse: Cent dollars, puis 110 dollars... et bientôt 150 ou 200 dollars? Le ton belliqueux de Donald Trump mercredi a ravivé les inquiétudes sur les conséquences d'un prix du baril de pétrole durablement élevé, et les solutions d'urgence réduites pour y faire face.

    Lire la suite

    ⛽️ Comment est fixé le prix des carburants ?

    Le dimanche 06 février 2022

    Paris: Des forages pétroliers à votre réservoir d’essence en passant par les raffineries, le pétrole subit de nombreuses transformations. Tout ce processus a un prix qui, avec d’autres coûts, impactent, d’une manière plus ou moins importante, le prix du carburant à la pompe. Alors comment est fixé le prix des carburants en France ?

    Lire la suite

    🇻🇪 Les géants de l'énergie à la fois attirés et rebutés par le pétrole du Venezuela

    Le jeudi 26 mars 2026

    Caracas: L'administration du président Donald Trump cherche à ouvrir les ressources naturelles inexploitées du Venezuela aux investissements américains, mais les infrastructures vieillissantes de ce pays latino?américain riche en pétrole poussent les géants de l'énergie à hésiter avant de s'engager pleinement.

    Lire la suite