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USD et indicateurs font plonger le brut sous les 100 dollars à New York

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New York - Les prix du pétrole ont dégringolé de près de 10 dollars jeudi à New York à moins de 100 dollars, retombant violemment sous ce seuil pour la première fois depuis près de deux mois face à des indicateurs décevants et à un bond de la monnaie américaine.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en juin a terminé à 99,80 dollars, soit une dégringolade de 9,44 dollars par rapport à la veille (-8,64%).

Les prix continuaient à se replier dans les échanges électroniques d'après clôture, le baril se rapprochant des 98 dollars.

Le baril de pétrole n'avait pas clôturé sous le seuil de 100 dollars depuis le 16 mars, époque à laquelle les soulèvements dans le monde arabe et l'inquiétude sur la crise nucléaire au Japon avaient fait s'envoler les prix.

A Londres, sur l'IntercontinentalExchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a lâché 10,39 dollars à 110,80 dollars.

"Ca a été un marché incroyable. Tout le monde achetait du pétrole", a raconté Rich Ilczyszyn, de Lind-Waldock. "Maintenant, c'est la course au retrait le plus rapide. Tout le monde se retire en même temps".

Les marchés de matières premières, actifs privilégiés des investisseurs ces derniers temps, ont dans l'ensemble subi de lourdes pertes, accentuées par un net raffermissement du dollar.

L'once d'or est repassée sous les 1500 dollars sur le marché au comptant, tandis que celle d'argent a chuté de 10%.

L'affaiblissement de la monnaie américaine avait profité à l'énergie et aux métaux, actifs tangibles et protection contre l'inflation pour les investisseurs.

Le billet vert s'est nettement repris jeudi, notamment face à l'euro contre lequel le dollar reprenait plus de 2 cents après des commentaires moins agressifs qu'attendu de la part du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet.

Les investisseurs revoyaient également leurs positions après une nouvelle déception sur un indicateur.

"Les inquiétudes pour l'économie, qui paralysent vraiment le marché, ont été renforcées par une envolée des demandes hebdomadaires d'allocations chômage", a constaté John Kilduff, d'Again Capital.

Les nouvelles inscriptions au chômage ont augmenté fortement aux Etats-Unis pendant la dernière semaine d'avril, avec 474'000 dépôts recensés, soit 10% de plus que la semaine précédente et bien plus que ce qu'attendaient les analystes (400'000).

La veille déjà, les investisseurs s'étaient inquiétés de voir la hausse de l'activité dans les services fortement ralentir et des chiffres de l'emploi privé moins élevés qu'attendu.

"On observe une situation où les entreprises semblent se retenir d'embaucher, sonnées par la spirale haussière des coûts du pétrole, de l'essence et du gazole qui continuent de monter à un niveau désastreux", a noté Phil Flynn, de PFG Best Research.

Le marché était également refroidi par la chute brutale des commandes à l'industrie en Allemagne au mois de mars.

Les cours du pétrole avaient commencé à décrocher mercredi dans la journée après une nouvelle forte augmentation des stocks de brut aux Etats-Unis. Les chiffres de la demande se sont révélés médiocres dans le relevé hebdomadaire du département de l'Energie, avec une baisse de plus de 2,2% par rapport à la semaine précédente de la consommation d'essence.

"Où est la croissance? Où est le consommateur?", s'est interrogé Rich Ilczyszyn.

"Si vous avez hausse après hausse après hausse des stocks, si vous n'avez pas d'interruption dans la production, si le marché est coincé dans une tendance à la hausse, c'est qu'il y a de la spéculation", a estimé l'analyste. La chute n'en a été que plus rapide.



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