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Le pétrole poursuit inexorablement sa chute, au plus bas en près de 4 ans à Londres

prix-du-petrole LondresLondres: Les prix du pétrole poursuivaient leur dégringolade vendredi en cours d'échanges européens, tombant à des niveaux inconnus depuis fin 2010 à Londres et mi-2012 à New York, dans un contexte d'offre abondante et de demande molle.
Vers 10H00 GMT (12H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 89,47 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 58 cents par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges asiatiques, le Brent a flanché jusqu'à 88,11 dollars, son plus bas niveau en séance depuis le 1er décembre 2010.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance perdait 1,23 dollar à 84,54 dollars. Dans les échanges asiatiques, le WTI a atteint 83,59 dollars, un minimum depuis le 3 juillet 2012.

Le fait que l'offre de pétrole à travers le monde croisse plus vite que la demande continue de mettre de la pression sur les prix du pétrole, expliquait Jonathan Sudaria, analyste chez Capital Spreads.

La progression de la demande de brut dans le monde est bien moins rapide que prévu, notamment à cause des problèmes économiques de la zone euro, qui ne parvient pas à redécoller, et du ralentissement de la croissance chinoise.

Face à cette demande molle, aucun problème majeur d'interruption des approvisionnements de brut n'est à déplorer, malgré les tensions géopolitiques, certains pays (comme la Libye) augmentant même leur production.

Par ailleurs, les États-Unis produisent de plus en plus de brut et, même s'ils ne l'exportent pas, cela déséquilibre le marché mondial en forçant leurs anciennes sources d'importations à trouver d'autres débouchés sur un marché mondial déjà bien approvisionné.

Enfin, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), responsable d'un tiers de l'offre mondiale et dont la prochaine réunion est prévu le 27 novembre à Vienne, n'a pour l'instant pas montré de volonté claire de réduire son offre.

L'Arabie Saoudite, qui a concrètement la mainmise sur les décisions de l'Opep, semble s'accommoder du niveau actuel des prix. Les autorités à Riyad ont certainement conscience que des prix bas sont un facteur favorable pour la croissance mondiale et donc, à terme, pour les investissements étrangers dont le pays a besoin, expliquait Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.

Mais le prix du baril de Brent ne cesse de s'éloigner du niveau que les membres de l'Opep jugent idéal (autour de 100 dollars). Le pétrole échangé à Londres est passé sous cette barre le 9 septembre dernier et a franchi celle des 90 dollars jeudi, signant une dégringolade de plus de 23% depuis son dernier pic mi-juin.

Même si l'Opep décidait demain de revoir drastiquement à la baisse sa production, il faudrait au moins plusieurs mois pour que le surplus d'offre sur le marché se résorbe, estimait M. Dembik.

On peut donc anticiper une période prolongée de prix du pétrole bas, ce qui est une excellente nouvelle pour les économies développées en panne de croissance et qui sont très dépendantes de l'approvisionnement énergétique auprès des pays producteurs de pétrole, soulignait-il.







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