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Léger recul du brut à New York après la mort de Ben Laden

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New York - Les prix du pétrole ont fini en léger repli lundi à New York, après avoir frôlé 115 dollars le baril, au cours d'une séance très volatile pendant laquelle les investisseurs se sont interrogés sur les conséquences de la mort d'Oussama Ben Laden.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en juin a terminé à 113,52 dollars, en baisse de 41 cents par rapport à vendredi.

A Londres, sur l'IntercontinentalExchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a perdu 77 cents à 125,12 dollars. Les échanges étaient cependant réduits, la journée étant fériée au Royaume-Uni.

La séance a été "très agitée", a reconnu Matt Smith, de Summit Energy.

La première réaction à l'annonce de la mort du chef d'Al-Qaïda "a été négative pour les prix, l'idée étant que cela allait apaiser les troubles au Moyen Orient. Mais une fois la nouvelle digérée, les gens se sont rendu compte que cela renforçait l'incertitude", a-t-il expliqué.

Les cours avaient dans un premier temps chuté à 110 dollars sur le marché new-yorkais après l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden, les investisseurs espérant une diminution du risque terroriste.

Mais ils se sont rapidement orientés à la hausse après l'ouverture de la séance à la criée à New York, touchant 114,83 dollars, niveau inédit depuis le 22 septembre 2008. Ils sont ensuite repartis en légère baisse.

"Quand on a appris que Ben Laden avait été tué, ma première idée a été d'acheter des actions et des dollars et de vendre du pétrole brut, et je pense que de nombreux courtiers ont fait ce pari. Cela n'a rien à voir avec l'offre et la demande, ce sont des échanges basés sur l'émotion", a commenté Rich Ilczyszyn, de Lind-Waldock.

"Mais plus on y pense, plus on se rend compte que (cette nouvelle) n'est pas une bonne chose, cela va probablement accroître les tensions", a-t-il ajouté.

La CIA a prévenu qu'il était "presque certain" que des terroristes tentent de venger Oussama Ben Laden.

Le principal conseiller antiterroriste du président Barack Obama n'a par ailleurs pas exclu que le chef d'Al-Qaïda ait pu recevoir l'appui de responsables pakistanais.

"La mort d'Oussama Ben Laden est un nouveau symptôme de l'affaiblissement d'Al-Qaïda, mais l'organisation étant éclatée géographique et sans structure dirigeante organisée, ce décès constitue probablement un revers moins important que les mouvements de protestations au Moyen Orient et en Afrique du Nord", ont estimé les analystes de JPMorgan.

"Il est peu probable que l'industrie pétrolière considère sa mort comme marquant un tournant du point de vue de la sécurité du marché pétrolier, et on peut même dire que les risques sont plus forts à court terme", ont-ils ajouté.

En Libye, le régime a mené une offensive d'ampleur sur le port pétrolier de Misrata, tandis qu'en Syrie, les forces de sécurité ont procédé lundi à près de 180 arrestations.

Selon Matt Smith, le léger repli enregistré par les cours en clôture s'explique surtout par la tendance sur le marché boursier, Wall Street effaçant en cours de séance les gains engrangés à l'ouverture.

"On attend plus de détail sur ce qui s'est passé avec Ben Laden. (...) Dans le même temps, le dollar continue de s'affaiblir, ce qui soutient les prix, les troubles au Moyen Orient se poursuivent, ce qui soutient les prix, et on attend des statistiques économiques dans la semaine qui pourraient soutenir les prix", a ajouté l'analyste.

La semaine sera surtout marquée par la publication, vendredi, des statistiques mensuelles de l'emploi aux Etats-Unis.



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