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Le brut recule nettement à New York, moindres risques géopolitiques

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(reprise de la veille)


New York - Le cours du pétrole new-yorkais a terminé en nette baisse lundi, les investisseurs estimant que les risques d'une perturbation de l'offre de brut en provenance du Moyen-Orient s'atténuent peu à peu.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre, dont c'est le premier jour de cotation, a perdu 1,16 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour clôturer à 103,59 dollars, son plus bas niveau en six semaines.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a terminé à 108,16 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,06 dollar par rapport à la clôture de vendredi.

"Le facteur le plus important pesant actuellement sur le marché est l'apaisement des tensions au Moyen-Orient", selon Bart Melek de TD Securities.

Sur le dossier syrien tout d'abord, la situation semble avancer. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a ainsi estimé lundi possible de parvenir cette semaine à une résolution de l'ONU encadrant le désarmement chimique en Syrie, malgré les fortes objections russes.

"Cela réduit fortement les risques que les Etats-Unis attaquent la Syrie et que le conflit syrien ne finisse par perturber l'ensemble de la région", qui représente environ un tiers des exportations mondiales de brut, note M. Melek.

La perspective d'une avancée dans les discussions sur le programme nucléaire iranien cette semaine à l'Assemblée générale des Nations unies, suite à des gestes d'ouverture du nouveau président iranien, a aussi pesé sur les cours.

Une amélioration des relations de Téhéran avec les pays occidentaux pourrait en effet conduire à la levée de sanctions contre Téhéran, dont un embargo sur ses exportations de pétrole.

Cela "pourrait permettre à l'Iran de fournir au moins 1 million de barils par jour en plus sur le marché international en quelques mois", a jugé Tom Pugh, analyste du cabinet Capital Economics.

Parallèlement, la production se redresse peu à peu en Libye, où elle est passée la semaine dernière de moins de 150.000 barils à plus de 600.000 barils par jour, au Nigeria ou au Soudan du Sud.

Ce dernier pays, qui produit selon les analystes de Commerzbank 240'000 barils de pétrole par jour, commence enfin à pouvoir de nouveau exporter son brut après avoir réglé un différend avec le Soudan sur le transit de l'or noir.

Le prix du baril new-yorkais a aussi pâti d'une certaine "inquiétude pour la demande énergétique aux Etats-Unis", le premier consommateur mondial d'or noir, selon Robert Yawger de Mizuho Securities USA.

Les investisseurs redoutent d'une part "que le débat sur le budget du pays tourne au vinaigre" et que cela affecte l'économie de la première puissance économique mondiale, explique l'analyste.

Par ailleurs, les responsables de la banque centrale américaine (Fed) continuent à s'exprimer quelques jours après avoir annoncé qu'ils laissaient en l'état les mesures de soutien exceptionnelles destinées à stimuler la reprise économique.

"Il semblerait qu'ils s'inquiètent vraiment de l'état de l'économie et que c'est pour ça qu'ils ont décidé de ne pas ralentir l'aide de la Fed", souligne M. Yawger.

Ces inquiétudes persistantes sur la croissance américaine, et par ricochet sur la vigueur de sa demande énergétique, associées à la baisse des risques sur l'offre en provenance du Moyen-Orient, ont relégué au second plan de bonnes nouvelles sur les économies chinoise et européenne potentiellement de bon augure pour la consommation de brut.

La production manufacturière en Chine s'est ainsi accrue en septembre à un plus haut niveau depuis six mois, et l'activité privée dans la zone euro, mesurée par l'indice PMI composite du cabinet Markit, a atteint son plus haut niveau en plus de deux ans.

afp/rp



(AWP / 24.09.2013 06h21)


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