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Le brut réduit ses gains, après un nouveau sommet à New York

prix-du-petroleLondres : Les prix du pétrole ralentissaient sensiblement leur hausse lundi en fin d'échanges européens, après avoir atteint à New York un nouveau sommet depuis deux ans et demi, sur un marché toujours rivé aux violents affrontements en Libye.

Vers 17H00 GMT (18H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s'échangeait à 116,73 dollars sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 76 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Il réduisait ses gains après être monté en début d'échanges européens jusqu'à 118,50 dollars, non loin du sommet enregistré le 24 février (119,79 dollars), qui était son plus haut niveau depuis deux ans et demi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance grimpait de 81 cents à 105,23 dollars, après avoir atteint à la mi-séance 106,82 dollars, un prix inédit depuis septembre 2008.

La situation en Libye, important exportateur de brut vers l'Europe, continuait d'exacerber la nervosité du marché du pétrole.

"Il y a une semaine, il était encore imaginable de se retrouver rapidement face à une Libye libérée (du régime de Mouammar Kadhafi, ndlr) et à des signes d'apaisement semblables" à ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte, "mais en réalité, le danger (d'une crise prolongée) n'a fait qu'empirer", remarquait David Hufton, du courtier PVM.

"Si les affrontements se transforment en guerre civile sanglante, ils risquent de rendre la production libyenne de brut indisponible pour une période prolongée et d'endommager durablement les installations pétrolières" du pays, renchérissait Bjarne Schieldrop, analyste de la banque SEB.

Les forces loyales au colonel Kadhafi ont lancé lundi de nouveaux raids aériens pour contrer l'insurrection qui secoue le pays depuis trois semaines, visant notamment le port pétrolier stratégique de Ras Lanouf (est du pays), ville abritant par ailleurs la plus grande raffinerie du pays.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait estimé jeudi que les pertes de la production libyenne représentaient de 850'000 à 1 million de barils par jour, soit plus de la moitié de la production de la Libye avant le conflit (1,56 million de barils par jour) et environ 1% de la consommation mondiale.

Mais "des rumeurs sur le marché, selon lesquelles le colonel Kadhafi chercherait à négocier d'éventuels moyens pour quitter le pays, ont vu les prix du brut céder un peu de terrain dans l'après-midi" de la séance européenne, relevait Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

Toutefois, "même si le régime de Mouammar Kadhafi s'effondre rapidement, les incertitudes persisteront sur ce qui se passera ensuite", alors que l'extension des troubles à travers le Moyen-Orient "pourrait encore faire flamber les prix", poursuivait M. Schieldrop.

Les opérateurs continuaient ainsi de surveiller l'évolution de la contestation dans le monde arabe, et notamment dans la péninsule arabique, où Oman, le Yémen et Bahreïn sont confrontés à d'importants mouvements de protestation.

En Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, quelques centaines de personnes ont manifesté vendredi dans l'est du pays à majorité chiite, région frontalière du Bahreïn.

"Le Yémen, comme Bahreïn, sont sur le fil du rasoir... La situation à Bahreïn est explosive et potentiellement contagieuse" à son voisin saoudien, remarquait David Hufton.

rp

(AWP/07 mars 2011 18h35)

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