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L'envolée des cours soutient la croissance des pays exportateurs (FMI)

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(reprise de la veille)


Dubai - Le pétrole avec l'envolée des cours soutient la croissance des pays exportateurs du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord (MENA), où les importateurs pâtissent en revanche des incertitudes liées à l'après-Printemps arabe, selon un rapport du FMI.

L'ensemble de la région, allant de l'Iran à la Mauritanie, devrait connaître une croissance de 5,3% en 2012 contre 3,3% en 2011, indique le Fonds monétaire international dans ses dernières prévisions économiques mondiales publiées mardi à Tokyo.

Le PIB des pays exportateurs de pétrole devrait progresser de 6,6% contre 3,9% l'année passée, grâce notamment au fort rebond de la Libye, dont l'économie avait connu un coup d'arrêt en 2011 en raison de la révolte ayant coûté le vie au dirigeant Mouammar Kadhafi.

En revanche, les pays importateurs auront une croissance de seulement 1,2% en 2012 contre 1,4% en 2011, affectés par les incertitudes politiques et la croissance nulle de leurs principaux partenaires commerciaux.

Pour 2013, la région MENA devrait connaître une croissance de 3,6% -- 3,8% pour les exportateurs de pétrole et 3,3% pour les importateurs.

Le FMI a exclu la Syrie de ses calculs en raison des violences faisant rage dans ce pays.

"Les dépenses publiques en hausse dans la plupart des pays exportateurs de pétrole ont soutenu une croissance robuste", souligne le rapport.

"Ailleurs, les changements politiques et économiques de l'après-Printemps arabe, le ralentissement de la croissance chez les principaux partenaires commerciaux et dans certains cas les conflits internes ont conduit à un affaiblissement de l'activité", ajoute le rapport.

La Tunisie, l'Egypte et le Yémen ont connu en 2011 des révoltes populaires ayant conduit au départ de leurs chefs d'Etat. D'autres pays comme l'Algérie, Bahreïn, la Jordanie, le Maroc et Oman ont été le théâtre de manifestations plus ou moins violentes.

Les risques à moyen terme pour les exportateurs sont essentiellement liés aux "prix du pétrole et à la croissance mondiale", note le FMI en soulignant que les dépenses publiques de ces pays ont "atteint un tel niveau qu'une chute des cours du pétrole pourrait ébranler leur situation budgétaire".

Une telle chute pourrait "mettre en danger les investissements en cours dans les infrastructures et la croissance", précise l'organisation internationale, estimant toutefois que les tensions autour du programme nucléaire iranien favorisent la hausse des cours.

Les pays avec peu ou pas de pétrole souffrent de leur côté d'une chute du tourisme et des investissements étrangers directs provoquée par les incertitudes et les troubles affectant une partie de la région, selon le FMI. Ces pays sont "vulnérables" en cas de fort ralentissement de la croissance des grandes économies mondiales.

Le FMI met également en garde contre la hausse des prix des matières premières qui pourrait affecter les budgets et les réserves en devises des pays subventionnant fortement les produits alimentaires et les produits pétroliers.

Pays par pays, le FMI prévoit une contraction de 0,9% de l'économie de l'Iran en raison des sanctions internationales.

En revanche, la Libye devrait connaître une croissance de 121,9% en 2012 puis de 16,7% en 2013, après une contraction de 59,7% en 2011 en raison de la guerre. La croissance de l'Irak, autre pays pétrolier, devrait passer de 8,9% en 2011 à 10,2% et 14,7% respectivement en 2012 et 2013.

Le géant pétrolier saoudien doit pour sa part voir sa croissance ralentir à 6% en 2012 et à 4,2% en 2013, contre 7,1% en 2011 alors qu'aux Emirats arabes unis, la progression du PIB ne devrait atteindre que 4% en 2012 et 2,6% en 2013, contre 5,2% en 2011.

L'économie koweïtienne va croître de 6,3% en 2012, contre 8,2% en 2011, et seulement 1,9% en 2013.

Le Soudan, devenu importateur de pétrole après l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, va voir son économie se contracter de 11,2% en 2012.

La croissance égyptienne devrait atteindre 2% en 2012 et 3% en 2013 après 1,8% en 2011. La Tunisie, qui a vu son économie se contracter de 1,8% en 2011, devrait enfin connaître une croissance de 2,7% en 2012 et de 3,3% en 2013.

ds



(AWP / 09.10.2012 06h19)


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