Détroit d'Ormuz: des risques persistent pour le commerce et l'économie

ParisParis: Après plusieurs mois de blocage du détroit d'Ormuz, la réouverture de cette artère maritime stratégique pour le commerce mondial a permis un redémarrage fragile des flux commerciaux, sans dissiper risques et incertitudes pour l'économie.

Franchissements au ralenti

Depuis la conclusion d'un accord préliminaire mi-juin entre Washington et Téhéran, les navires marchands ont recommencé à emprunter le détroit d'Ormuz par où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant le conflit.

Au total, 29 navires transportant des matières premières l'ont franchi samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un net ralentissement après une nouvelle série de frappes entre les deux pays et des attaques visant des navires.

Mercredi, 70 franchissements avaient été recensés, un record depuis sa fermeture début mars mais un rythme moitié moins élevé qu'en temps normal.

"La réouverture du détroit d'Ormuz fait face à de nombreuses contraintes" techniques et logistiques, relève BNP Paribas dans une note.

Entre évacuation des centaines de navires bloqués dans le passage, déminage de la zone et remise en état de fonctionnement des infrastructures pétrolières, un retour à un trafic fluide prendra au mieux plusieurs semaines, abonde Olivier Sautel, chef économiste de Deloitte France, interrogé par l'AFP.

Ce retour à la normale est menacé à chaque instant par une résurgence des tensions et le risque d'une nouvelle fermeture du détroit.

Effet durable sur l'économie

La reprise du trafic "éloigne les scénarios macroéconomiques les plus pessimistes", souligne l'économiste. Notamment le risque d'un assèchement des réserves de pétrole qui se profilait en cas de prolongation du conflit.

Mais si l'économie mondiale peut souffler un peu, il n'y a pas encore lieu d'être très optimiste pour les perspectives de croissance, abaissées à plusieurs reprises par les grandes institutions économiques.

Début juin, que la guerre au Moyen-Orient se prolonge ou pas, l'OCDE avait dit s'attendre à moins de croissance et plus d'inflation dans le monde en 2026.

"Les effets économiques de ce conflit se feront probablement sentir pendant un certain temps, même après sa fin", avait indiqué l'organisation basée à Paris.

Prix du pétrole assagis

La reprise progressive du trafic a entraîné une baisse rapide des prix du pétrole, éloignant le risque d'une envolée durable.

Lundi, le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. évoluait au-dessus de 70 dollars, alors qu'il était allé jusqu'à doubler par rapport à 2025 quand il s'échangeait à quelque 60 dollars.

"Le pic d'inflation a probablement été atteint ou le sera très prochainement et même dans le cas où les prix de l'énergie ne reviennent pas à leur niveau d'avant-crise", estime la banque privée Edmond de Rothschild.

Elle souligne que contrairement à 2022, la demande est bien moins vigoureuse et le marché du travail moins tendu, "ce qui devrait permettre d'éviter le déclenchement de la boucle prix-salaires".

Agro-alimentaire et automobile

Toutefois, les prix plus élevés des matières premières ont déjà commencé à se diffuser à une partie de l'économie: l'industrie agro-alimentaire ou les industries grandes consommatrices d'aluminium ou d'acier comme l'automobile notamment.

"Tous les ferments d'inflation n'ont pas disparu à court terme", prévient l'institut de recherche privé Rexecode : "les chaînes logistiques ont été perturbées, les prix de certains intrants comme le GNL (gaz naturel liquéfié) et les plastiques restent élevés, et une nouvelle inflation électronique générée par le boom de l'IA se développe".

Un éventuel péage auquel Téhéran réfléchit dans le détroit d'Ormuz pourrait également entraîner des coûts supplémentaires.

Routes alternatives?

Entreprises et Etats ont-ils tiré des leçons face aux chocs à répétition qui ont bousculé le commerce mondial ces dernières années?

Depuis la pandémie de coronavirus, ils sont davantage conscients de leurs dépendances. L'Europe, par exemple, s'est efforcée depuis 2022 de réduire sa dépendance au gaz russe au profit du GNL américain.

"Des transformations qui prennent nécessairement du temps puisqu'il faut développer d'autres approvisionnements, process de production" ou routes alternatives, souligne M. Sautel.



Commenter Détroit d'Ormuz: des risques persistent pour le commerce et l'économie



    Communauté prix du baril


    Les dernières informations des cours du baril de pétrole

    Le pétrole monte légèrement, guette la pause des hostilités au Moyen-Orient

    L'actualité des prix du pétrole du lundi 29 juin 2026 à 06:33

    TokyoTokyo: Les prix du pétrole montent légèrement lundi, tempérant leurs gains alors qu'Iran et Etats-Unis se sont entendus pour suspendre mutuellement leurs récentes attaques et poursuivre leurs pourparlers, tandis que les Bourses asiatiques restent prudentes après avoir été bousculées par les valeurs tech.


    Lire la suite

    Ormuz: l'Iran met en garde contre tout contournement de son itinéraire

    L'actualité des prix du pétrole du dimanche 28 juin 2026 à 15:27

    Pétrole en IranTéhéran: L'Iran a prévenu dimanche que toute tentative d'opter pour une autre route que celle longeant ses côtes dans le détroit d'Ormuz risquait "d'accroître les tensions" dans la région, après une reprise des hostilités ces derniers jours avec les Etats-Unis.


    Lire la suite

    Le pétrole chute avec la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz

    L'actualité des prix du pétrole du vendredi 26 juin 2026 à 22:06

    Cours de clôture du pétrole Brent & WTICours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en nette baisse vendredi, alors que des navires ont continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, malgré l'attaque d'un cargo la veille qui a poussé l'ONU à suspendre son programme d'évacuation.


    Lire la suite

    Ormuz: des navires continuent à traverser malgré les menaces iraniennes

    L'actualité des prix du pétrole du vendredi 26 juin 2026 à 20:24

    Pétrole en IranTéhéran: Des navires continuent vendredi à traverser le détroit d'Ormuz en empruntant une route non approuvée par l'Iran, malgré l'attaque d'un cargo la veille qui a poussé l'ONU à suspendre son évacuation, selon des données de suivi maritime.


    Lire la suite
    Toutes les actualités du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Lundi 1er juin 2026 Vers 11h10, les cours du pétrole rebondissaient: le prix du baril de Brent atteignait 94,44 $/baril (+3,64 %) et le WTI 91,01 $/baril (+4,18 %), après une chute de plus de 11 % la semaine dernière. Le pétrole monte donc sur fond de durcissement de Washington face à l’Iran et de tensions autour du détroit d’Ormuz, goulet d’étranglement de 20 % de l’offre mondiale d’hydrocarbures.

    🇮🇷 Les pays du Golfe peuvent-ils se passer du détroit d'Ormuz?

    Le vendredi 01 mai 2026

    Abou Dhabi (Emirats arabes unis): Face au blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, les monarchies du Golfe repensent leurs routes pétrolières et commerciales, un impératif stratégique qui se heurte toutefois à des contraintes structurelles et des rivalités économiques, soulignent des experts.

    Lire la suite

    5️⃣ choses à savoir sur le blocage du détroit d'Ormuz

    Le mercredi 18 mars 2026

    Téhéran: En temps normal, environ un cinquième du pétrole brut mondial comme du gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique aujourd'hui quasiment paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

    Lire la suite

    📈 Blocus d'Ormuz pendant un mois : Le scénario catastrophe d'un baril à 350 dollars

    Le jeudi 10 octobre 2024

    Ormuz: La menace d'une perturbation dans le détroit d'Ormuz, l'une des voies de transit pétrolier les plus stratégiques au monde, refait surface alors que la tension géopolitique entre Israël et l'Iran s'intensifie. Un éventuel blocus iranien de cette voie maritime cruciale, reliant le golfe Persique à la mer d'Arabie, pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole, dépassant facilement les 100 dollars par baril, préviennent les analystes.

    Lire la suite