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🔴 L’AIE alerte sur Ormuz malgré des amortisseurs sur le marché pétrolier

ParisParis: La situation autour du détroit d’Ormuz reste un facteur central de tension pour le marché du pétrole, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Fatih Birol souligne toutefois l’existence de « facteurs d’amortissement », qui limitent pour l’instant l’ampleur du choc sur l’offre mondiale.

L’AIE cite notamment les « efforts majeurs de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis » pour exporter du brut par des itinéraires ne passant pas par Ormuz. L’agence mentionne aussi l’augmentation des livraisons de plusieurs producteurs hors Golfe, « en particulier les Etats-Unis, le Brésil, le Venezuela et le Kazakhstan ».

Le rôle de la Chine est également mis en avant par l’organisation basée à Paris. Pékin a contribué à stabiliser les échanges en diminuant ses importations de brut de près de 50 % par rapport au niveau observé avant la guerre, a indiqué Fatih Birol.

Les pays membres de l’AIE avaient annoncé en mars la mise sur le marché de 400 millions de barils afin d’atténuer les effets de la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient. L’agence indique mardi qu’environ 290 millions de barils ont déjà été libérés par ses membres et que des volumes supplémentaires continuent d’arriver sur le marché.

Selon l’AIE, le détroit d’Ormuz a vu transiter en moyenne 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers en 2025, soit environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole. Cette dépendance explique le poids de la réouverture du passage dans l’évaluation de la sécurité énergétique mondiale.

Le déblocage décidé en mars constitue la sixième opération collective de ce type depuis la création de l’AIE en 1974 et la plus importante de son histoire. L’agence précise que ses membres disposent encore de stocks d’urgence « significatifs », dont « plus d’un milliard de barils détenus par les Etats ».

L’AIE juge qu’une réouverture « complète et sans condition » du détroit d’Ormuz reste « essentielle pour éviter une plus grande détérioration de la sécurité énergétique mondiale ». Cette formulation maintient la priorité donnée à la restauration physique des flux, malgré les volumes déjà injectés depuis les réserves.

Fatih Birol signale un décalage entre la reprise des livraisons de brut et l’évolution du raffinage. Les volumes traités par les raffineries n’ont pas progressé dans les mêmes proportions que l’offre de brut disponible, ce qui accentue les tensions sur les produits finis.

Selon le directeur exécutif de l’AIE, les marchés du diesel et de l’essence apparaissent ainsi « nettement plus tendus » que ceux du brut. Cette contrainte se transmet aux prix à la pompe, même lorsque l’équilibre du marché pétrolier amont paraît moins dégradé.

La tension sur les produits raffinés traduit aussi la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement au-delà du seul transport maritime de brut. Les capacités de raffinage, les disponibilités logistiques et les flux de produits finis déterminent directement l’offre accessible aux consommateurs et aux distributeurs.

Sur les marchés du gaz naturel, les producteurs alternatifs ont compensé environ 70 % de l’offre perdue, selon l’AIE. Les Etats-Unis et le Canada figurent parmi les pays ayant accru leurs livraisons pour réduire le déficit provoqué par la crise dans le Golfe.

L’agence avertit toutefois que de nouveaux retards dans la reprise des exportations du Golfe pourraient prolonger la tension sur les marchés gaziers. Fatih Birol estime que « tous les importateurs » en ressentiront les effets, « y compris l’Europe ».

Dans son rapport gazier du deuxième trimestre 2026, l’AIE indiquait que la perturbation des flux par Ormuz avait retiré près de 20 % de l’offre mondiale de GNL disponible sur le marché. Ce choc a renforcé la concurrence entre acheteurs importateurs, en particulier dans les régions dépendantes des cargaisons spot.



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