Nouveau coup de rabot sur la demande mondiale de pétrole en 2026 (AIE)
Paris: Les "impacts considérables" de la guerre au Moyen-Orient continuent de se répercuter sur le marché du pétrole, note mercredi l'Agence internationale de l'énergie, qui révise fortement sa projection de demande mondiale d'or noir pour 2026 malgré l'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran, et n'envisage un "répit" qu'à partir de 2027.l'AIE s'attend désormais à ce que la demande mondiale de pétrole baisse de 1,1 million de barils par jours en 2026, un repli presque trois fois plus important que ce qu'elle prévoyait le mois dernier, lorsqu'elle tablait encore sur un retour à la normale dès le mois de juin.
Les chiffres préliminaires montrent que livraisons de pétrole du deuxième trimestre 2026 auraient chuté de presque 5% en glissement annuel, en raison "de la hausse des prix du carburant et des difficultés d'approvisionnement" depuis que fin février, le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a entraîné le blocage du détroit d'Ormuz, d'où transite quelque 20% du pétrole mondial.
Ce recul trimestriel des livraisons, note l'AIE , serait le premier depuis 2020.
Et "malgré la baisse significative de la demande de pétrole (...), les réserves continuent de s'éroder à un rythme record", note l'AIE dans son rapport. La fonte des stocks est particulièrement marquée dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont les réserves ont atteint leur plus bas niveau depuis 1990, indique l'AIE .
Car si la demande est en berne, l'offre mondiale de pétrole est encore plus affaiblie: en mai, la production a reculé à 94,5 mb/j, soit 12,5% de moins qu'avant le début de la guerre.
Résultat, les stocks mondiaux recensés ont diminué de près de 220 millions de barils sur avril et mai, selon la même l'AIE .
"De nouvelles baisses dans les mois à venir pourraient encore ramener les stocks mondiaux de pétrole à des niveaux historiquement bas, avant que l'équilibre du marché ne bascule vers un excédent vers la fin de l'année", relève également l'organisation.
Pour apaiser les marchés, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avaient annoncé en mars la libération coordonnée de 426 millions de barils, soit plus du tiers de leurs stocks stratégiques, une décision sans précédent.
Certes, l'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran visant à mettre fin à la guerre et à débloquer le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20% des flux mondiaux de pétrole, "ouvre la voie à une reprise des exportations du Moyen-Orient", convient l'AIE .
Mais des "contraintes opérationnelles et politiques" demeurent et "font peser des risques sur les perspectives", tempère l'organisation, qui n'entrevoit pas de rebond de la demande ou de l'offre de pétrole avant 2027.
Le patron de l'AIE , Fatih Birol, a plaidé mardi pour une "réouverture totale et sans condition du détroit d'Ormuz" afin de sortir de la crise énergétique mondiale, qui amène déjà les pays touchés à revoir leurs politiques.
"Même si nous revenons à des prix que le monde a connus auparavant, cette crise a entraîné des ondes de choc sur le secteur énergétique mondial". Elle "amène déjà les pays à revoir leur politique énergétique, leur stratégie, leurs options ou leurs partenaires", a également prédit le dirigeant.
L'année prochaine, l'AIE prévoit une hausse "modeste" de la demande (à hauteur de 2 mb/j), mais à un gros rebond de l'offre (+8mb/j), ce qui pourrait apporter un "répit bienvenu" au marché du pétrole, et une "opportunité" de "reconstituer" les stocks.


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