A+ A A-

🇮🇷 Détroit d'Ormuz: le passage "sûr" proposé par l'Iran est-il juridiquement valable ?

Pétrole en IranTéhéran: Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, l'Iran impose un quasi-blocus du détroit d'Ormuz, tout en affirmant laisser passer les "navires non hostiles".
Une entrave au trafic maritime qui interroge sur la légalité de ses actions dans ces eaux stratégiques pour le transport d'hydrocrabures. Explications.

Comment les navires franchissent Ormuz ?

Les bateaux qui transitent encore via Ormuz semblent désormais emprunter une route approuvée par l'Iran, baptisée le "péage de Téhéran" par la revue spécialisée Lloyd's List, selon qui au moins un navire a versé deux millions de dollars aux autorités iraniennes.

Les données maritimes analysées par l'AFP montrent que ces navires commerciaux passent autour de l'île de Larak, tout près des côtes iraniennes, et semblent avoir besoin de l'autorisation des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique iranienne.

Mardi, un commandant de marine iranien a déclaré sur X qu'un porte-conteneurs à destination du Pakistan avait été refoulé en "l'absence d'autorisation", ajoutant que cette voie navigable "requiert une coordination complète avec la souveraineté maritime de l'Iran".

Selon des sources citées par Lloyd's List, des responsables indiens pakistanais et chinois ont discuté directement avec Téhéran pour mettre en place un système d'enregistrement de "navires approuvés".

Quels navires ont utilisé le corridor ?

Sur plus de 20 navires suivis à travers ce passage par Lloyd's List, la majorité appartenait à des armateurs grecs, et d'autres à des propriétaires indiens, pakistanais, syriens, liés à la Chine, ou iraniens, révélait la revue lundi.

"Les navires utilisent les messages des transpondeurs (AIS) pour signaler une neutralité politique ou une prise de distance par rapport aux affiliations occidentales, israéliennes ou autres jugées sensibles", précise à l'AFP Ana Subasic, analyste des risques commerciaux chez Kpler.

Une analyse des données de Kpler par l'AFP montre qu'environ la moitié des navires qui ont traversé ce couloir depuis dimanche ont indiqué, via leurs transpondeurs, la nationalité de leur propriétaire, de leur équipage ou de leur cargaison.

En comparaison, 10% des navires ayant navigué dans le détroit avaient laissé leur transpondeur allumé entre le 1er et le 21 mars.

Que dit l'Iran publiquement ?

Téhéran a réaffirmé que le détroit "reste ouvert", mais seulement à certains, dans une lettre publiée mardi soir par l'intermédiaire de l'Organisation maritime internationale (OMI).

Les "navires non hostiles" et ceux qui "n'appartiennent pas à ou ne sont pas associés à" Israël, aux États-Unis et à d'autres "agresseurs" peuvent franchir le détroit, "sous réserve du respect (...) des réalités découlant du conflit en cours".

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères ajoute que les navires liés aux pays répondant aux critères pouvaient "bénéficier d'un passage sûr", mais "en coordination avec les autorités iraniennes".

Une entorse au droit de "passage en transit" ?

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Selon ce texte "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Même si l'Iran n'a jamais ratifié cette convention, "le régime de passage en transit est largement considéré comme faisant partie du droit international coutumier", affirme Marco Roscini à l'AFP, professeur de droit international à la Westminster Law School.

Le blocage d'Ormuz est-il totalement illégal ?

"Un péage général (...) serait presque certainement considéré comme une violation de l'obligation de ne pas gêner le passage en transit", selon M. Roscini.

Selon lui, les armateurs payant la taxe s'exposeraient aux sanctions occidentales sur l'Iran.

Le droit de passage par les détroits reste applicable en cas de conflit armé, "ce qui implique que la suspension de toute navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz ne peut être légale", explique le professeur.

Dans sa déclaration à l'OMI, l'Iran assure avoir agi en légitime défense, en prenant des "mesures nécessaires et proportionnées".

En droit international, "l'état de légitime défense" permettrait à un Etat d'imposer "des restrictions temporaires à la navigation si celles-ci sont nécessaires et proportionnées au but de repousser l'attaque armée", précise M. Roscini.

(c) AFP

Commenter 🇮🇷 Détroit d'Ormuz: le passage "sûr" proposé par l'Iran est-il juridiquement valable ?



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 06 octobre 2026 à 14:07

    Un pétrolier attaqué au large d'Oman, 12 blessés, selon l'In…

    Détroit d'Ormuz: L'Inde a annoncé que 12 membres de l'équipage d'un pétrolier battant pavillon panaméen avaient été blessés au cours d'une attaque...

    mardi 06 octobre 2026 à 12:36

    Le pétrole baisse avec davantage de pétrole qui sort du Moye…

    Londres: Les cours du pétrole sont en baisse mardi, le marché se montrant rassuré par des volumes d'exportations en provenance du Moyen-Orient...

    mardi 06 octobre 2026 à 12:08

    Le prix moyen du gazole à la pompe atteint un record au Roya…

    Carburants: Le prix moyen du gazole à la pompe a atteint un record au Royaume-Uni, à 199,52 pence par litre, soit 2,19...

    mardi 06 octobre 2026 à 06:32

    Le pétrole rebondit malgré la mobilisation des stocks du G7

    Londres: Vers 03H40 GMT, le Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre gagnait 0,27 %, à 100,59 dollars le...

    lundi 05 octobre 2026 à 21:38

    Le pétrole recule grâce aux bonnes nouvelles sur l'approvisi…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en baisse lundi, la résilience des exportations du Moyen-Orient et la perspective du...

    lundi 05 octobre 2026 à 19:34

    Trump impute la hausse de l’essence aux frappes ukrainiennes…

    Washington: Le président américain a publié son message sur Truth Social le 5 octobre, en attribuant la tension sur les prix à...

    lundi 05 octobre 2026 à 13:35

    Le pétrole se maintient, avec le ravivement des inquiétudes …

    Londres: Les cours du pétrole hésitent lundi, les craintes liées aux informations sur une nouvelle interruption d'un important oléoduc saoudien étant contrebalancées...

    lundi 05 octobre 2026 à 13:13

    Aramco juge les stocks pétroliers mondiaux trop faibles aprè…

    NYC / Stocks aux USA: Lors de l’Energy Intelligence Forum à Londres, le président-directeur général d’Aramco, Amin Nasser, a estimé que le...

    lundi 05 octobre 2026 à 11:01

    Arabie saoudite: arrêt de l'oléoduc Est-Ouest après une atta…

    Ryad: Le transport de pétrole par l'oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite a de nouveau été interrompu, après une attaque dimanche dans l'est...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    ★ Vendredi 2 octobre 2026

    Dans la matinée, le prix du baril de Brent chutait sous le seuil symbolique des 100 dollars, à 99,41 $/baril (-2,83 %), soit 88,38 €/baril, après avoir clôturé jeudi à 102,31 dollars. Le cours du pétrole Brent reculait désormais de 4,81 % sur une semaine, mais conservait une hausse de 3,84 % sur un mois et surtout de 38,30 % sur trois mois.
    Cette baisse des prix du pétrole intervenait alors que les exportations de brut du Moyen-Orient continuaient de se redresser: les flux de pétrole non iranien via le détroit d’Ormuz ont atteint environ 13,5 millions de barils par jour entre le 22 et le 28 septembre, soit un retour aux niveaux d’avant-guerre. La situation restait néanmoins fragile: l’Iran revendique toujours le contrôle du passage, le trafic maritime global demeure très inférieur à son niveau d’avant le conflit et trois navires ont encore été attaqués mardi dans le détroit d’Ormuz.

    🇻🇪 Le pétrole en ligne de mire de l’intervention US au Venezuela: quel scénario pour le baril ?

    Le lundi 05 janvier 2026

    Caracas: Quelques heures après la capture de Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis, Donald Trump a affirmé vouloir « rouvrir » le Venezuela aux compagnies pétrolières américaines, tout en maintenant l'embargo sur le brut vénézuélien. Sur le papier, l'équation est simple: un pays assis sur des réserves géantes, une industrie pétrolière exsangue et Washington qui revient au centre du jeu. Dans les faits, les conséquences dépendront d'un triptyque décisif: sécurité, cadre juridique et prix du baril.

    Lire la suite

    📈 Guerre: le prix du brut pourrait atteindre 117 à 134 dollars/baril

    Le mardi 24 mars 2026

    Paris: Le prix du pétrole pourrait atteindre 130 dollars par baril en mai si la guerre au Moyen-Orient continue, avec une répercussion particulièrement forte sur le gazole et le kérosène, a estimé mardi l'IFPEN (IFP Energies nouvelles).

    Lire la suite

    📊 Historique des prix du pétrole

    Le vendredi 17 juin 2022

    Dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le prix du pétrole, corrigé de l'inflation, a atteint son plus haut niveau depuis sept ans. La Russie est l'un des plus grands producteurs de pétrole brut au monde, et de nombreux pays ont annoncé une interdiction des importations de pétrole russe dans le cadre de la guerre. Cela a entraîné des incertitudes en matière d'approvisionnement et, par conséquent, une hausse des prix. Comment la hausse des prix se compare-t-elle aux événements politiques et économiques précédents ? Examinons les prix historiques...

    Lire la suite