A+ A A-

🇩🇿 Hydrocarbures: la guerre en Iran propulse l'Algérie et la Libye comme possibles recours

Pétrole en ALgérieAlger: Les dégâts infligés aux infrastructures du Golfe par la guerre en Iran ont braqué les projecteurs sur l'Algérie et la Libye pour leur production de gaz et de pétrole, mais leurs marges d'action sont trop limitées pour représenter une alternative à court terme, selon plusieurs experts.

Avec l'escalade du conflit, de nombreux regards se sont tournés vers l'Algérie, membre de l'OPEP et premier exportateur gazier d'Afrique.

Contrairement au Qatar, qui exporte du gaz naturel liquéfié (GNL) par méthaniers, l'Algérie s'appuie principalement sur des gazoducs: le Transmed vers l'Italie et le Medgaz vers l'Espagne.

Combinant des portions terrestres et sous-marines, ils présentent "un avantage significatif" car "ils sont hors d'atteinte des drones et missiles iraniens et du Hezbollah" libanais, souligne à l'AFP Moez Ajmi, expert du cabinet EY.

Mais prévus pour desservir les deux principaux clients de l'Algérie -l'Italie et l'Espagne-, ces gazoducs fonctionnent déjà à plein régime.

Ils offrent "d'excellentes alternatives en termes de sécurité et de primes d'assurance", mais présentent des "limites structurelles", note pour l'AFP Geoff Porter du cabinet North Africa Risk Consulting. "Transmed n'a pas de capacité supplémentaire", Medgaz pourrait voir la sienne augmentée "peut-être d'un milliard de m3 par an", selon lui.

Discussions

Depuis la guerre en Ukraine en 2022 et la décision de l'Union européenne de cesser d'importer du gaz russe, l'Algérie est devenue un fournisseur clé de l'Europe et "un pilier essentiel de sa stratégie de diversification énergétique", rappelle M. Ajmi.

L'Algérie, dont les autres gros clients européens sont l'Allemagne et la France, dispose encore d'une certaine marge pour accroître ses livraisons de GNL.

Le groupe public algérien Sonatrach a entrepris de "maximiser la capacité opérationnelle des usines de liquéfaction afin de tirer parti des prix spot (livraison à court terme, ndlr) élevés" et "pourrait réorienter des volumes vers les marchés spot européens et asiatiques", estime M. Ajmi.

Le ministre italien de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a déclaré vendredi "discuter directement" avec l'Algérie, l'Azerbaïdjan et les Etats-Unis pour tenter de compenser la perte des livraisons de GNL du Qatar (20% des besoins italiens).

Toutefois, malgré de vastes réserves prouvées dépassant les 4.500 milliards de mètres cubes, Alger ne peut pas rivaliser avec Doha.

"Remplacer le Qatar dont la production est deux fois supérieure à l'Algérie (200 milliards de m3 par an contre 100) n'est pas réaliste à court terme, sans investissements massifs", estime M. Ajmi.

"L'Algérie n'a pas de réserves de production suffisantes pour être une alternative aux volumes perdus du Qatar", abonde Geoff Porter.

"Frein majeur"

Alger a lancé un ambitieux plan d'investissements de 50 à 60 milliards de dollars pour renforcer l'exploration et moderniser ses infrastructures énergétiques, espérant doubler sa production de gaz à 200 milliards de m3 d'ici 2030.

Cet effort passera aussi par l'exploitation de gisements de gaz de schiste dans le sud désertique, "parmi les plus importants au monde" et "un atout stratégique majeur", selon M. Ajmi.

Des négociations sont en cours avec les Américains Chevron et ExxonMobil pour qu'ils apportent leurs capitaux et leurs expertise technologique.

Mais pour M. Porter, les discussions "ne sont pas suffisamment avancées" et il faudra "au mieux quatre ou cinq ans" pour voir une hausse des volumes.

Côté pétrole, l'Algérie exporte près d'un million de barils par jour, mais la croissance de la production est "conditionnée à la découverte de nouveaux gisements", explique Moez Ajmi. Et les ambitions à l'export sont ralenties par d'énormes besoins de consommation interne et les quotas de l'OPEP.

Dans la région, la Libye, dotée des plus importantes réserves d'or noir d'Afrique (environ 48,4 milliards de barils) et de solides ressources gazières, présente un fort potentiel.

"La Libye peut augmenter son extraction et ses exportations pour compenser partiellement la baisse du Golfe", selon M. Ajmi. Mais "l'instabilité politique et sécuritaire reste un frein majeur" et empêche toute alternative immédiate.

Malgré une production remontée à 1,4 million de barils par jour, un niveau "inédit" sur la décennie écoulée, selon cet expert, il faudra encore "plusieurs années" d'investissements "en infrastructures, forage et sécurité" pour atteindre l'objectif officiel de 2 millions.

(c) AFP

Commenter 🇩🇿 Hydrocarbures: la guerre en Iran propulse l'Algérie et la Libye comme possibles recours



    Communauté prix du baril


    La Compagnie pétrolière Algérienne Sonatrach

    Les prochaines semaines seront "décisives" pour le marché pétro…

    mercredi 20 janvier 2021

    Alger: Le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a affirmé mercredi que les prochaines semaines seront "décisives" pour les marchés pétroliers, notamment à la faveur de l’entrée en fonction du Président américain, Joe Biden, tout en soulignant que les campagnes de...


    -Voir les actualités de la compagnie pétrolière Sonatrach

    Le pétrole en Algérie

    samedi 05 juillet 2025

    🛢️ L'Opep+ augmente à nouveau sa production

    Londres: L'Arabie Saoudite, la Russie et six autres producteurs de pétrole de l'Opep+ ont déjoué les prévisions du marché en annonçant lors...

    samedi 31 mai 2025

    🛢️ Huit membres de l'Opep+ annoncent à nouveau une forte hau…

    Vienne: Ryad, Moscou et six autres membres de l'Opep+, qui avaient commencé en avril à rouvrir les vannes du pétrole, ont annoncé...

    lundi 11 décembre 2023

    🌍 Conférence arabe sur l'énergie à Doha après l'appel de l'O…

    Doha: Les principaux ministres l'Énergie des pays arabes membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) sont arrivés à Doha lundi...

      Toutes les nouvelles du pétrole en Algérie

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 21 juillet 2026 à 14:02

    L’AIE alerte sur Ormuz malgré des amortisseurs sur le marché…

    Paris: La situation autour du détroit d’Ormuz reste un facteur central de tension pour le marché du pétrole, selon l’Agence internationale de...

    mardi 21 juillet 2026 à 12:30

    Le pétrole hésite entre frappes au Moyen-orient et espoirs d…

    Londres: Les cours du pétrole hésitent mardi entre un mouvement haussier lié à de nouvelles frappes au Moyen-Orient et un mouvement baissier...

    mardi 21 juillet 2026 à 06:55

    La guerre Iran États-Unis frappe le Golfe et pèse sur le pét…

    Téhéran: L'armée américaine a indiqué lundi avoir mené une dixième nuit consécutive de bombardements contre l'Iran.

    lundi 20 juillet 2026 à 21:31

    Le pétrole progresse face aux tensions persistantes au Moyen…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont terminé en hausse lundi, poussés par la poursuite des hostilités entre Washington et Téhéran...

    lundi 20 juillet 2026 à 16:39

    Aux États-Unis, l'essence franchit à nouveau la barre des 4 …

    Washington: Porté par la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, le prix moyen de l'essence dans les stations services américaines a...

    lundi 20 juillet 2026 à 13:14

    Le pétrole se stabilise avec des efforts diplomatiques qui c…

    Londres: Les cours du pétrole hésitent lundi, Téhéran ayant assuré que les efforts diplomatiques se poursuivent via des médiateurs, malgré l'intensification des...

    lundi 20 juillet 2026 à 09:41

    Le Brent s'envole au dessus des 90 dollars, les Bourses recu…

    Paris: Les prix du pétrole poursuivent leur hausse lundi, avec un baril de Brent au-dessus des 90 dollars pour la première fois...

    lundi 20 juillet 2026 à 08:13

    Russie: l'"horrible" pénurie de carburants due aux…

    Moscou: "Quelle horrible situation !", peste Elena. Avec son mari Dmitri, elle attend dans sa voiture devant l'une des stations-service encore ouvertes...

    lundi 20 juillet 2026 à 06:31

    Marchés: pétrole au plus haut depuis juin, actions asiatique…

    Hong Kong: Le baril de Brent est repassé lundi au-dessus de la barre des 90 dollars, avec la poursuite des frappes entre...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mardi 21 juillet 2026 En ce début d’après-midi, les cours du pétrole se maintenaient en hausse: le prix du baril de Brent repassait au-dessus des 90 dollars, à 90,13 $/baril (+1,02 % soit 78,92 €), tandis que le WTI américain progressait à 83,29 $/baril (+0,98 %). Le marché pétrolier restait partagé entre l’intensification des frappes au Moyen-Orient et les espoirs de désescalade diplomatique, alors que l’Iran menaçait de nouvelles attaques, que deux pétroliers avaient été interceptés au large d’Oman et que les Houthis annonçaient un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, accentuant les inquiétudes sur l’approvisionnement via le détroit d’Ormuz, passage stratégique concentrant environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.

    📈 Les cours du pétrole n'ont pas pleinement intégré le blocage d'Ormuz, selon le patron de Chevron

    Le lundi 23 mars 2026

    New York: Les cours du pétrole n'ont pas encore pleinement pris en compte les effets du blocage du détroit d'Ormuz, a déclaré lundi le patron du groupe énergétique américain Chevron, Mike Wirth, lors de la grande conférence CERAWeek à Houston.

    Lire la suite

    🇻🇪 Le pétrole en ligne de mire de l’intervention US au Venezuela: quel scénario pour le baril ?

    Le lundi 05 janvier 2026

    Caracas: Quelques heures après la capture de Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis, Donald Trump a affirmé vouloir « rouvrir » le Venezuela aux compagnies pétrolières américaines, tout en maintenant l'embargo sur le brut vénézuélien. Sur le papier, l'équation est simple: un pays assis sur des réserves géantes, une industrie pétrolière exsangue et Washington qui revient au centre du jeu. Dans les faits, les conséquences dépendront d'un triptyque décisif: sécurité, cadre juridique et prix du baril.

    Lire la suite

    🔴 La Berd alerte sur le risque d'un pétrole à 100 dollars pour la croissance mondiale

    Le jeudi 26 mars 2026

    Londres: La persistance d'un baril de pétrole à 100 dollars à cause de la guerre au Moyen-Orient freinerait la croissance économique mondiale en alimentant l'inflation, a alerté jeudi la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

    Lire la suite